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L’immigration, manne ou désastre économique ?

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Quand il est question des bienfaits ou des méfaits que pourraient poser l’immigration pour la France, quand on parle de ce problème qui est forcément un problème politique mis à l’agenda, on arrive souvent à la querelle des chiffres, la querelle des études …

 

Sur le site de l’Obs, un article parle de l’immigration et utilise une étude* de monsieur Chojnicki avec un titre perturbant et assez vindicatif disant qu’une analyse sérieuse allait enfin balayer toutes les thèses et fantasmes de l’extreme droite sur l’immigration.

Essayons de simplifier un peu le trait et tentons de montrer quels sont les tenants et les aboutissants de l’immigration en France, quels sont les chiffres qui existent réellement, quelles sont les portées de ces chiffres, quelles sont leur validité et posons-nous la question de savoir si l’immigration est un bienfait ou un méfait net pour l’économie française.

Nous allons d’abord nous fonder sur l’étude de Chojnicki qui est professeur d’économie à Lille-2 et qui expliquait en 2011 dans son étude que, en moyenne, un immigré en France rapportait 2250 euros par individu. Déjà, il faut savoir que l’emploi du terme « immigré » ne prend pas en compte les descendants d’immigrés qui ont la nationalité française. Étant donné qu’il n’existe pas de distinctions ethniques officielles en France, on ne peut savoir qui est d’origine immigrée et qui ne l’est pas. Dès lors, tout est focalisé sur les immigrés qui n’ont pas la nationalité française.

Le problème de la méthodologie de Chojnicki, qui fut assez rapidement mise en perspective par les économistes, est qu’il n’y n’inclut pas le cycle de vie. Qu’est-ce que le cycle de vie ? C’est considérer qu’un individu à un instant T a une contribution nette qui ne sera pas toujours la même. Déjà, il faut prendre en considération le fait que les populations immigrées qui sont présentes en France en 2015 sont plus jeunes en moyenne que la population française. Ainsi, quand on parle des 2 250 euros que les immigrés rapportent par individu, il faut bien tenir en compte le fait que ces mêmes immigrés vont vieillir. Si pour l’instant leur contribution est nette et positive, la prise en compte de celle-ci au niveau du cycle de vie soulève une question centrale : Leur contribution sera-t-elle toujours positive à terme ?

Ce qui est assez intéressant, c’est que Chojnicki est souvent utilisé voire instrumentalisé pour ses études. Si on multiplie ces 2 250 euros, on obtient à peu près 7 à 9 milliards d’euros qui pourraient être gagnés par l’Etat chaque année. C’est souvent ce chiffre qui est utilisé par les immigrationnistes. Le problème est que dans ce même article, il dit que si l’on prend le cycle de vie complet, on arrive à une perte nette de 8700 euros par immigré. C’est ici que commence la fumisterie.

 

Continuons sur la contribution nette en terme de prestations sociales et de contributions sociales de tous les immigrés. Il existe une étude de l’OCDE qui estime qu’au contraire (sans compter les retraites), si l’on prend seulement les prestations sociales touchées directement par les immigrés en ce moment à un instant T, les ménages immigrés auraient en moyenne une contribution qui serait négative d’à peu près 1500 euros. Dans ce cas, la France est l’un des seuls pays de l’OCDE subissant cette situation de contribution négative. La plupart des autres pays de l’OCDE qui ont été analysés avaient une contribution qui était positive. En France, la composition de l’immigration fait que, contrairement aux autres pays de l’OCDE, nos immigrés sont relativement moins bénéfiques. Continuons d’analyser cette étude. L’OCDE se rend compte que si l’on prend un immigré sur sa période de travail actif (en moyenne entre 25 ans et son âge de départ à la retraite) et que l’on fait un solde entre tout ce qu’il va toucher en prestations sociales sur cette période et tout ce qu’il va rapporter, on arrive en moyenne à 60 000 euros en plus. De là découle l’affirmation suivante et simpliste professée par le cartel immigrationniste : « Les immigrés sont nettement positifs pour la France ! 60 000 euros par actif, c’est considérable ! ». Maintenant, soyons sérieux et mettons en perspective la chose.

En effet, tout n’est pas statique en économie. Il faut donc continuellement mettre et remettre en perspective. Toujours selon la même étude de l’OCDE, en France, un natif (qui a donc la nationalité française dès la naissance) a quant à lui une contribution de 140 000 euros par individu. La différence est de taille. Mais les apologistes de l’immigration massive diront qu’il n’est pas important de pointer cette différence, du moment que l’immigré rapporte. Faux. Prenons un individu français qui émigre et un individu étranger qui immigre. Une situation dans laquelle un sub-saharien de Bamako qui immigre en France et un Français de polytechnique qui part à l’étranger va générer une perte et l’Etat devra en moyenne approvisionner 80 000 euros. Une problématique capitale est que lorsque l’on parle de la contribution moyenne de 140 000 euros générée par le natif français moyen, il faut se dire que le polytechnicien aura une contribution bien plus grande. Par conséquent, l’Etat devra approvisionner la perte en plus grande quantité.

Mais Chojnicki n’est pas utilisé que pour ses chiffres. Chojnicki dit que l’impact de l’immigration sur les finances publiques est légèrement positif dans le long terme du fait de l’apport perpétuel d’individus déjà actifs. En gros, comme on a un apport perpétuel d’immigration (200 000 immigrés par an en moyenne) et que l’on peut amplifier cet apport, la population immigrée active va toujours rester jeune et l’impact sur les finances publiques va toujours rester bon. Donc au niveau du cycle de vie, cela ne pourrait qu’être bénéfique pour la France. Seulement, un autre constat périlleux subsiste.

 

Une étude* a été réalisée par des économistes français (dont Yann Algan) et anglais sur les structures familiales immigrées au Royaume-Uni (nous nous basons sur le Royaume-Uni étant donné qu’il n’existe pas de statistiques ethniques en France). Ce que relève Yann Algan est que si l’on prend les secondes générations issues du Maghreb, on a un taux d’emploi de 56% pour les Hommes et 47% pour les femmes. Si l’on prend les sub-sahariens, on aboutit à 33% pour les Hommes et 21% pour les femmes. Les enfants d’immigrés d’Europe du sud ont quant à eux un meilleur taux d’insertion d’emploi (72% pour les Hommes et 67% pour les femmes). Rien qu’en prenant cette structure de l’immigration, on se rend compte qu’il y a des déterminants qui existent avec le pays d’origine des enfants d’immigrés.

Selon Chojnicki il faut toujours amplifier l’immigration. Pourquoi ? Comme le taux d’emploi des enfants d’immigrés est plus faible que leurs parents, il faudrait avoir toujours plus d’immigration qu’à l’instant T moins 1. Sinon, il persistera un chômage endémique, toujours plus important, et les immigrés de seconde génération seront peu productifs et pénaliseront économiquement le pays. Ainsi, pour que l’immigration soit bonne, il faudrait qu’elle soit perpétuelle et exponentielle. Pour simplifier, il faudrait que l’immigration soit une suite géométrique. Par exemple, sur T1 on aurait 1 million d’immigrés, sur T2 3 millions et sur T3 9 millions.

 

La droite nationaliste et le FN n’ont jamais utilisé ces arguments. Le funeste Philippot se borne à utiliser des études démontrant que l’immigration coute 40 à 60 milliards d’euros par an. Ces études sont peu rigoureuses, voire moins rigoureuses que celles de Chojnicki. L’argument principal utilisé par le FN (celui qui semble le plus porteur) est le suivant : « Avec un taux de chômage de 10%, on ne peut pas tolérer de l’immigration, car cette immigration ferait de la concurrence au travail des Français. » Ce raisonnement est plus que fallacieux, car il laisserait penser que l’économie serait un gâteau que l’on partage, ce qui est évidemment faux.

Dans l’état actuel des choses, les chiffres sont clairs et simples. L’immigration extra-européenne génère une contribution économique qui est négative sur le long terme. Pourquoi ? Parce que les suites sont divergentes, parce que les natifs sont productifs, et parce que les enfants d’immigrés ont des situations bien pires que celles de leurs parents, et c’est ce qui pose problème.

 

Pour que l’immigration soit économiquement bénéfique, il faut qu’elle soit toujours plus forte. Et outre les problèmes économiques engendrés, l’immigration amplifiera le désastre identitaire que nous connaissons présentement.

 

W.

 

*http://droit.univ-lille2.fr/uploads/media/Rapport_Drees_EQUIPPE_V3_02.pdf

*http://www.ucl.ac.uk/~uctpb21/Cpapers/AlganDustmannGlitzManning2010.pdf

*http://www.atlantico.fr/decryptage/immigration-est-elle-plaie-ou-bienfait-economique-pour-france-acrithene-881188.html