La Gauche, une religion archaïque

 

Manuel Valls dans son discours de La Rochelle a accusé la droite et l’extrême droite de faire des musulmans des boucs émissaires. Rhétorique classique à gauche, laquelle ne se lasse pas de dénoncer les supposés boucs émissaires de la droite.

Il est vrai qu’une droite poussiéreuse a ses boucs émissaires. Le discours qui consiste à considérer l’activisme juif et franc-maçon comme unique origine de la Révolution française, et plus largement une lecture de l’histoire qui fait fi de ses tendances lourdes, fait recette chez certains. Néanmoins, réduire « l’extrême droite » à cela est une erreur. Il est en effet fondamental de comprendre qu’aujourd’hui, toute pensée déviant de la pensée dominante est qualifiée de pensée d’extrême droite. Par exemple, remettre en cause les bienfaits de l’immigration revient de facto à se positionner à l’extrême droite, qu’on le veuille ou non. L’Occident est encadré par une morale de gauche qui juge toute prise de position politique au nom de ses valeurs antiracistes. La droite est donc constamment en train de se défendre d’être raciste, tentant même d’expliquer que les vrais racistes sont les antiracistes ; à ce jeu-là elle perd nécessairement puisqu’en agissant ainsi, elle se soumet à un cadre moral de gauche.

Ainsi, le combat intellectuel de droite, lequel consiste à refuser le relativisme culturel, racial et religieux, à rappeler que l’immigration massive venant du tiers monde détruit ce tissu social nécessaire au bien-être d’une nation, est-il, selon la gauche un combat archaïque de persécution de boucs émissaires. Bouc émissaire, le terme est fort. Avoir un bouc émissaire, c’est accuser, persécuter un innocent, lui faire porter tous les maux de la société. Depuis René Girard, on sait que c’est le choix de victimes émissaires qui a permis l’émergence de la culture dans la mesure où le groupe archaïque ne doit son unité que par le sacrifice, rituel cathartique à l’origine des religions « horizontales » dites primitives.

Femmes suspectées de sorcellerie livrées au bûcher.

Femmes suspectées de sorcellerie livrées au bûcher.

Cependant, une question doit être posée : la dénonciation des « boucs émissaires » de la droite ne cache-t-elle pas une réelle intolérance intellectuelle qui, elle, relève du crypto-religieux, voire de l’unanimisme archaïque ?

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Cette question n’est pas que provocatrice. Philippe Nemo a bien cerné le caractère religieux de la gauche dans Les deux République françaises et La régression intellectuelle de la France, ouvrages importants s’il en est pour le combat national. Un premier parallèle peut être fait entre l’Église catholique avant sa séparation de l’État et « l’Église de Gauche » actuelle. En effet, la gauche, depuis 1793, fonctionne sociologiquement et psychologiquement comme une religion. Nous allons voir dans quelle mesure.

L’Éducation nationale, plus gros budget de l’État, perçoit la dîme, est contrôlée par les francs-maçons et les syndicats socialo-marxistes, organise son propre recrutement, forme ses professeurs – même ceux du privé –, tue dans l’œuf tout initiative parlementaire la concernant, donne un sacerdos in aeternam aux professeurs incompétents et insuffisants dans leur tâche intellectuelle, etc. On l’a compris, l’Éducation Nationale fait montre d’une monochromie idéologique, d’ailleurs unique en Europe dans de telles proportions, et qui n’est pas sans rappeler celle de l’Église. Les objectifs des francs-maçons Edgar Quinet et Léon Bourgeois sont réalisés : ce dernier, dans ses discours sur l’éducation, voyait l’enseignement public comme le direct remplaçant de l’Église dont « la pensée unique […] devait animer la société (1)».

Poursuivons la comparaison. Il est très clair que l’Église de gauche tient en tutelle les pouvoirs séculiers. Elle contrôle l’État sub ratione peccati, comme l’a fait l’Église catholique en son temps. Autrement dit, elle surveille, juge et punit tous les intervenants du débat public qui dérivent de son orthodoxie. Pécher contre la religion de Gauche fait courir le risque de l’excommunication, être de droite en France est donc impossible – les hommes politiques soi-disant de droite sont tous spirituellement de gauche : le discours des Républicains et du FN ne remet jamais en cause le Bien et le Mal définis par la gauche sous peine d’exclusion du jeu politique.

Aussi, alors qu’au Moyen Âge l’Église pouvait délier les sujets de leur serment de fidélité envers le prince, l’Église de gauche délie le citoyen français de son devoir d’obéir à la loi. Le combat syndical, de voies de fait en voies de fait, se résume à des délits caractérisés et impunis (2), et continuera d’exister ainsi tant que certaines lois seront jugées spirituellement incorrectes. Ainsi, au nom de la morale de gauche, des lois sont-elles privées d’effet avec l’aval du gouvernement, ce qui pousse au constat suivant : la Vème République ne fonctionne pas démocratiquement mais est dominée par une oligarchie étatico-syndicale. Sur ce point, il faut noter avec intérêt que le suffrage universel est rejeté par la gauche : les vœux du peuple qui ne sont pas en accord avec les canons moraux de la gauche sont qualifiés de « populistes ». Et qui sont les représentants de ces « associations » capables de faire plier le gouvernement lorsqu’une nouvelle loi est jugée « suspecte » ou « indigne », si ce ne sont des évêques in partibus ? N’est-on pas là dans la même situation qu’au XIXème siècle ? N’avons-nous pas le même devoir que les anticléricaux rationnels d’alors de dénoncer la mainmise du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel ? Comment ne pas en être convaincu alors que des livres et des auteurs sont encore régulièrement mis à l’Index (3) ?

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La Grande Chamane de l’archaïque religion de Gauche

L’anthropologie de la violence et du religieux permet d’expliquer en profondeur les origines de ces comportements crypto-religieux. Le fait de ne pouvoir débattre sans passion de l’immigration, de la politique pénale, sociale ou fiscale sans écoper d’une fin de non-recevoir, quand l’orthodoxie de gauche est bafouée, est révélateur d’une mentalité magico-religieuse. Celle-ci se caractérise non pas par le rejet argumenté des positions adverses mais par une volonté de les faire disparaître de l’espace public, comme si elles étaient impures, dangereuses et contagieuses. Les « relents » « nauséabonds » de « l’extrême droite » ne sont pas sans rappeler cette odeur de soufre qui émanait des hérétiques selon les fanatiques d’un autre temps. Les structures mentales derrière ce comportement relèvent des sociétés préscientifiques et du phénomène du tabou : les idées ne sont pas hiérarchisées selon le critère du vrai et du faux mais du pur et de l’impur.

Ce stade mental archaïque implique une présence importante de mimétisme ainsi que le choix de boucs émissaires. René Girard, philosophe et anthropologue qui a renouvelé l’anthropologie de la violence et du religieux avec son ouvrage phare La Violence et le Sacré (1972), rappelle que les sociétés archaïques ont pour lien social des mythes et des rites, lesquels sont mis en place par cette unanimité obtenue par la mimèsis. Une telle société ne connaît donc ni la liberté individuelle ni la pensée critique. Aucune vérité n’est dégagée par une observation objective de la réalité. Le journalisme français illustre parfaitement ce mécanisme. Combien de fois voit-on une dépêche de l’AFP reprise aveuglément par tous ? Quand celle-ci s’avère fausse, il faut qu’un journal fasse péniblement marche arrière pour que tous l’imitent aveuglément à nouveau, comme ce fut le cas pour l’affaire des charniers de Timisoara (4). Il en va de même dans le monde universitaire. L’on se souvient de l’affaire Sylvain Gouguenheim, professeur d’histoire à l’ENS qui a publié Aristote au Mont-Saint-Michel, ouvrage dans lequel il défend l’idée que la culture antique n’a pas eu besoin des Arabes pour être transmise à l’Occident médiéval. Au lieu d’être discutée à l’université et dans les revues savantes, la thèse fut rejetée avec une violence incroyable dans les médias ; une pétition tenta de le destituer de son statut de professeur, signée par des gens n’ayant pas lu son livre. Accusé de racisme, pointé du doigt, Sylvain Gouguenheim a subi un déchainement de violence mimétique, lequel aboutit naturellement sur des victimes émissaires. Si le professeur d’histoire n’a pas été lynché par la foule, le mécanisme est exactement le même.

Cette histoire n’en est qu’une parmi tant d’autres, mais elle exemplifie à merveille l’action de cette nouvelle cléricature qui se croit investie du Bien face à « l’extrême droite ». Les conséquences sont graves : le déclin du droit, d’abord, avec les lois liberticides que sont la loi Pleven (1972) et Gayssot (1990), lesquelles tentent tant bien que mal de faire perdurer cet unanimisme archaïque en condamnant les blasphèmes contre le dogme antiraciste et le dogme de la Choah (5). Pour ce faire, les juges sont investis d’autant de pouvoir que les inquisiteurs du Moyen Âge ; ils sont là pour s’immiscer dans nos pensées et les juger au nom de critères subjectifs tels que l’incitation à la haine et autres provocations à la discrimination (6). Comme il est impossible de définir rigoureusement en quoi telles opinions menacent l’ordre public et telles autres non, il semble que la législation antiraciste ait tué le droit. En conséquence, il existe en France une censure arbitraire et une insécurité juridique effrayante dont Henry de Lesquen a fait les frais sur Radio Courtoisie, notamment quand il voulut évoquer les travaux universitaires sur les différences raciales et reçut en réponse un blâme du CSA.

Quand Manuel Valls, chemise trempée, dénonce les boucs émissaires de l’extrême droite, l’on ne peut qu’être atterré de ses propos. La famille de pensée à laquelle il appartient fonctionne de manière crypto-religieuse ; en cherchant des boucs émissaires chez les autres, il ne voit pas qu’il participe lui-même d’une logique unanimiste et archaïsante par définition créatrice de boucs émissaires. La gauche, en pointant du doigt les individus se levant contre l’invasion de l’Europe, crée elle-même des victimes sacrificielles. « Foutaises », dira la gauche, en oubliant que la loi française parachève cet état de fait primitif en censurant les opinions qui sortent de son cadre moral, tuant ainsi la liberté d’expression et son corollaire, le rationalisme critique. Plus d’un siècle après la loi de 1905, la France a besoin d’une loi de séparation de l’Église de Gauche et de l’État.

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1 : Léon Bourgois, L’éducation de la démocratie française. Discours prononcés de 1890 à 1896, Édouard Cornely et cie, éditeurs, s.d. [1896], p.55

2 : Il semblerait qu’en France il faille troubler l’ordre public pour avoir voix démocratique. Les syndicats et les minorités agissantes, de Greenpeace à la Confédération paysanne, n’hésitent pas à bloquer les rues, les usines, à séquestrer des cadres, etc.

3 : En 2013, une décision de première instance du juge des référés de Bobigny condamnait Kontre Kulture à la demande de la LICRA pour avoir réédité, entre autres, Le Salut par les Juifs de Léon Boy et La France juive d’Édouard Drumont.

4 :https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_charniers_de_Timisoara

5 : « Choah » étant un mot hébreu (il signifie « catastrophe »), il n’y a aucune raison de transcrire les caractères hébraïques à l’anglaise, en écrivant « Shoah » avec un « s », comme le fait Claude Lanzman, qui a popularisé l’expression en France. (Dans les pays anglo-saxons, on parle plutôt de l’Holocauste, en anglais Holocaust.)

6 : Il est important de savoir que le nouveau Code pénal de 1994 a introduit (R625-7) un délit d’incitation non publique à la discrimination. Les Français n’ont plus le droit de blasphémer en privé.

Bibliographie :
La Violence et le Sacré, René Girard, 1972
Les deux républiques françaises, Philippe Nemo, PUF, 2008
La France aveuglée par le socialisme, Philippe Nemo, François Bourrin Éditeur, 2011

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