Pour en finir avec le sophisme du pillage de l’Afrique

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Pour en finir avec le sophisme du pillage de l’Afrique

Capture d’écran 2015-11-07 à 20.11.25Les ressources que possède l’Afrique (y compris le capital humain) n’ont aucune valeur intrinsèque. Rien n’a de la valeur en soi. La valeur se crée selon l’utilité marginale que l’on accorde à un bien ou service. L’uranium nigérien ne vaut rien si l’on n’est pas capable de l’extraire et de l’utiliser à des fins nucléaires. La main d’oeuvre éthiopienne a une valeur extrêmement faible tant que l’on ne « l’enrichit » pas d’un apport intense en technologie/industrie (p. ex. manufactures chinoises s’implantant en Afrique de l’Est).

Dès lors, certes, nous nous enrichissons du commerce avec l’Afrique. Mais eux aussi. Même si l’on part du présupposé (pas entièrement faux) selon lequel l’Afrique voit ses ressources être non pas échangées librement, mais extraites par la force/corruption par le post-colonialisme, nous contribuons tout de même à leur enrichissement puisque ces ressources ont une valeur proche de 0 sans les Occidentaux.

 

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À la décolonisation, les territoires colonisés par la France en Afrique comptaient 2 000 dispensaires, 600 maternités, 40 hôpitaux, 18 000 km de voies ferrées, 215 000 km de pistes principales, 50 000 km de routes bitumées, 63 ports, 196 aérodromes, 16 000 écoles primaires, 350 collèges et lycées.

 

Le seul raisonnement permettant de contrer ce qui précède est de considérer l’actualisation de la valeur/rentabilité des ressources africaines. Il apparaît en effet évident que dans 10/20 ans ces ressources auront bien plus de valeur, et que dans 10/20 ans l’Afrique sera plus développée technologiquement. Donc, à ce moment, l’Afrique aura une productivité supérieure et la valeur de ses ressources augmentera substantiellement. Par voie de conséquence, les ressources extraites aujourd’hui ne feraient pas sens, il faudrait attendre plus tard pour les extraire.

Plusieurs contre-arguments : déjà, il n’est pas donné que l’Afrique soit capable de développer, même après plusieurs décennies, cette technologie sans l’aide occidentale. Plus tard la rentabilité sera plus grande, certes, reste que pour l’instant les devises qui entrent en Afrique permettent de financer le peu d’infrastructures qu’ils ont et de financer l’alimentation d’urgence/de soutien dans les pays africains.

Enfin, dans quelques décennies, les terres rares (principalement situées en Corée du Nord, Chine, Bolivie et Russie) seront bien plus importantes que les ressources africaines, donc l’argument de l’actualisation de la rentabilité de l’utilisation des ressources naturelles africaines tombe à l’eau.

En fait, tout le raisonnement « anti-post-colonialisme » vient non pas de la haine de l’Occident en soi, mais d’une profonde méconnaissance de l’économie. Si l’on croit à la valeur-travail et que l’on sanctifie les ressources naturelles, on peut alors dire tout et n’importe quoi sur ce qui se passe en Afrique et ce surtout quand on essaie de culpabiliser les Européens.

 

W.

2 commentaires

  • Cet article fort provocateur est le bienvenu pour nuancer le discours ambiant.
    Cependant il néglige toutes les problématiques autres que l’économie et n’analyse pas la valeur travail sous l’angle de la morale et de la politique : si, économiquement, il n’y a pas de valeur travail en ce qui concerne l’objet marchand, il ne faut pas oublier le producteur qui est également un citoyen et dont sa vie économique est liée à sa vie politique. L’approche néoclassique de la valeur travail signe sans saucun doute une forme de retour au totemisme tribal en ne se concentrant que sur l’objet indépendamment de ses causes et des dynamiques externes. L’économie, dans cette école de pensée libérale, sous couvert d’objectivité scientifique et statistique, devient le nouveau grand « monstre froid des monstres froids ». Qu’on ne s’étonne pas des injustices et des représailles populaires africaines lorsque la pensée nationale DE fourvoie dans le dogme libéral de la classe dominante.

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  • Ping : Le bilan positif de la colonisation en Afrique | Henry de Lesquen 2017

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