Monthly Archives: octobre 2016

Résumé du débat des candidats à la primaire de la droite, par Henry de Lesquen

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Voici 10 observations sur le premier débat des candidats à la primaire de la droite.

 

1. Je rappelle que la « Haute Autorité » a violé la charte de la primaire de la droite pour écarter ma candidature.

Dans ce débat, aucun des sept candidats n’a dit la vérité aux Français.

 

2. Sarkozy ressemble à sa caricature.

 

3. Il faut acheter une cravate à Le Maire.

 

4. Objectivement, Fillon est le meilleur (le moins mauvais) des sept candidats de la primaire.

 

5. Sarkozy, mis en examen dans 2 affaires crapuleuses, ne devrait pas être candidat à la primaire.

 

6. Le Qatar a des relations ambiguës avec l’islamisme, mais aussi avec Sarkozy.

 

7. Les candidats de la « droite » parlent de terrorisme sans demander le rétablissement de la peine de mort.

 

8. Les candidats de la « droite » réussissent à parler de chômage sans dire un mot de l’immigration.

 

9. Le Maire réussit à être pire que Sarkozy en rejetant l’identité nationale.

 

10. Les gagnants et les perdants du débat (soporifique). Résultat :

 

1. Fillon.

2. Copé.

3. Juppé.

4. Le Maire.

5. Sarkozy.

6. Kosciusko.

7. Poisson.

 

Conclusion. Aucun des 7 candidats de la « droite » n’a le niveau ni la hauteur de vues pour être chef de l’Etat.

 

Henry de Lesquen

Président du P.N.L.

15 propositions pour éliminer l’insécurité, par Henry de Lesquen

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LE PROGRAMME D’HENRY DE LESQUEN POUR RÉTABLIR LA SÉCURITÉ

(« Rétablir la sécurité » conclusion des travaux du Carrefour de l’Horloge)

 


1. Réforme du code pénal. Le code pénal sera réformé, de manière à assurer la promptitude et la certitude de la peine. A cet effet, une peine minimum sera établie pour chaque crime ou délit, en fonction de sa qualification. Les peines de sûreté accessoires à certaines condamnations, comme certaines privations de droits ou l’interdiction du territoire national pour les délinquants étrangers, seront automatiques. C’est la proposition la plus importante, qui vise à mettre un terme à l’individualisation des peines, source majeure d’arbitraire et d’insécurité, ou du moins à la cantonner dans des bornes strictes.

 

2. Fin de la tolérance pénale. Les peines devront être exécutées intégralement en principe. Les permissions de sortir seront donc supprimées. Les réductions de peine ne pourront dépasser le quart de la condamnation. Il serait normal de les supprimer purement et simplement, mais, dans l’état actuel de nos prisons, où la discipline laisse souvent à désirer, il est souhaitable de conserver une incitation à la bonne conduite.

 

3. Les criminels les plus endurcis seront séparés des autres. Les plus dangereux seront isolés dans des quartiers de haute sécurité.

 

4. Rétablissement de la peine de mort. La peine capitale sera rétablie par référendum, au sommet de l’échelle des peines, pour traduire la répulsion que nous inspirent les crimes les plus atroces et dissuader leurs auteurs éventuels. Elle s’appliquera aux meurtres, aux actes terroristes, au trafic de drogue, et aux attentats contre les juges ou les policiers. A cet effet, le protocole additionnel à la Convention européenne des droits de l’homme, qui prévoit l’abolition de la peine de mort, sera dénoncé.

 

5. Combattre efficacement la récidive. Les peines applicables aux crimes ou délits seront automatiquement aggravées en cas de récidive et le sursis ne pourra plus être accordé. Une personne qui commettra pour la troisième fois une infraction d’une certaine gravité ne pourra pas être condamnée à moins de cinq ans de prison.

 

6. Rendre systématique le cumul des peines. L’article 5 du code pénal, qui prévoit la confusion des peines, sera modifié. Le cumul des peines deviendra la règle, et la confusion l’exception. Il n’est pas normal, en effet, qu’un délinquant soit passible des mêmes condamnations, qu’il ait commis un seul délit, ou qu’il en ait commis cent.

 

7. Fin de l’impunité pour les assassins. Il est intolérable qu’un assassin puisse jouir de l’impunité, une dizaine d’années après les faits. Aussi les crimes de sang seront-ils désormais imprescriptibles. Actuellement, l’imprescriptibilité n’existe, dans le droit français, que our les prétendus « crimes contre l’humanité », notion contestable qui sert d’habillage à une justice politique. Notre proposition, qui mettra fin au statut d’exception de cette catégorie douteuse, n’interdit pas de souhaiter le vote d’une loi d’amnistie pour les faits liés à la Seconde guerre mondiale, comme on l’a fait pour la guerre d’Indochine, mais cela est un autre débat.

 

8. La légitime défense sera pleinement reconnue. Chacun a le devoir de protéger sa famille ou ses biens contre un agresseur. Or, la notion de légitime défense a été abusivement restreinte par la loi et la jurisprudence, qui tendent à mettre sur un pied d’égalité le délinquant et sa victime. Le droit à la légitime défense sera donc élargi à tous les cas où il n’y a pas de disproportion manifeste entre les moyens de défense employés et la gravité de l’atteinte ou de la menace. La rubrique des faits divers est remplie d’histoires incroyables, où l’on voit un honnête citoyen inquiété parce qu’il s’est défendu contre les attaques d’un malandrin, alors que celui-ci est laissé en liberté. Il est temps de mettre fin à ce scandale.

 

9. Autorisation du port d’arme pour les honnêtes gens. Les citoyens auront le droit de détenir des armes à leur domicile, à condition d’avoir obtenu un permis qui sera délivré après un examen de leurs compétences en la matière. Un permis de ce genre a été institué dans l’État de Louisiane, où il donne ainsi le droit de circuler avec une arme à feu, et il a produit les meilleurs résultats. Au contraire, quand on désarme les honnêtes gens, seuls les bandits sont armés.

 

10. Déclarer la guerre au trafic de drogue. Le gouvernement déclarera la guerre à la drogue. Le fléau doit être combattu avec intransigeance : c’est notre jeunesse qu’il fauche. La prévention et l’éducation sont nécessaires, mais elles ne suffisent pas. Il faut réprimer les petits comme les gros trafiquants, qu’il s’agisse des drogues abusivement dites « douces » ou des autres. Les toxicomanes seront obligés de suivre un traitement de désintoxication. Les trafiquants seront pendus haut et court. C’est ce moyen qu’a utilisé le Japon, avec succès, pour éliminer le trafic et la consommation « héroïne ».

 

11. Suppression de la justice des mineurs. Les dispositions qui favorisent l’impunité des mineurs délinquants seront reconsidérées. Ceux-ci pourront être détenus, si nécessaire, dans des établissements spécialisés, en vue de protéger la société de leur comportement et de leur apprendre les règles morales et sociales nécessaires à une vie adulte. L’ordonnance à une vie adulte. L’ordonnance du 2 février 1945 relative à l’enfance délinquante donne la priorité à une « éducation » qui fait abstraction de la nécessaire sanction. Il faut l’abroger, pour repartir sur de nouvelles bases. Le tribunal des enfants a fait la preuve de sa démagogie et de sa nocivité. Il faut le supprimer. Il y aura simplement des juges spécialisés pour les enfants, dans les juridictions de droit commun, de même que d’autres sont spécialisés dans les affaires financières, et il n’y aura plus de confusion des genres entre le juge, qui punit, et l’éducateur, qui encadre. La majorité pénale est actuellement fixée à treize ans, ce qui est une manière d’organiser l’irresponsabilité des enfants qui n »ont pas atteint cet âge. Le mieux est d’abolir cette notion, en laissant le soin au juge d’invoquer, le cas échéant, l’excuse du manque de discernement pour écarter la sanction d’emprisonnement. Pour la justice des mineurs, une certaine individualisation de la peine est légitime.

 

12. Création d’un délit de harcèlement. Un délit de harcèlement sera créé. Actuellement, de braves gens qui sont persécutés par de jeunes voyous n »ont pas les moyens de se défendre, face à l’inertie de la police et aux lacunes de la législation.

 

13. Répression sans faiblesse de la petite délinquance et rétablissement de l’ordre dans les zones de non-droit, au besoin par l’armée. La police sera mobilisée pour réprimer sans faiblesse la petite délinquance, qui porte les plus graves atteintes à la tranquillité publique, et qui créé un terrain favorable à la criminalité la plus lourde. On sait que qui vole un œuf vole un bœuf, et que les les drogues douces mènent aux drogues dures : ainsi la lutte contre le crime est-elle un tout. Le criminologue américain George Kelling, avec sa théorie de la « fenêtre cassée », selon laquelle il ne faut rien laisser passer, a inspiré la politique de « tolérance zéro » du maire de New York, dont nous avons déjà salué les résultats. Nous devons en reprendre les principes. La principale difficulté sera de convaincre et de faire obéir les agents des forces de police, dont le zèle ne suscite pas en général l’admiration des victimes, c’est le moins que l’on puisse dire.

 

14. Création d’un statut de repenti. Pour lutter contre la corruption et le crime organisé, un statut du repenti sera crée en faveur des délinquants qui acceptent de collaborer avec la justice en dénonçant leurs complices : il faut, en effet, rompre la loi du silence, qui rend très difficile l’obtention des preuves. Comme en Italie ou aux États-Unis, les repentis pourront bénéficier de réductions de peine et d’une protection policière. Certains diront que c’est encourager la délation, qui a mauvaise réputation. Mais, c’est, en réalité, un devoir moral de dénoncer le crime à la justice. De toutes façons, à moins de rétablir la question, comme l’a fait l’État israélien, cette mesure est indispensable pour lutter contre le terrorisme et le crime organisé.

 

15. Création d’une Cour de sûreté de l’État. Une Cour de sûreté de l’État sera instituée, pour améliorer la lutte contre le terrorisme et le crime organisé. La suppression de celle qui avait été mise en place par le général de Gaulle a été une faute. Il est, en effet, des menaces d’une envergure telle que les tribunaux ne peuvent les traiter convenablement.

 

Conclusion. Voilà donc les propositions que nous vous soumettons, considérant qu’il faut tourner le dos à la démagogie de a gauche, que partage une partie de la droite, si l’on veut rétablir en France un minimum de sécurité. Nul doute qu’elles auraient des résultats considérables. On pourra diviser par deux, en quelques années, le nombre des crimes et délits, avant de faire mieux encore et de retrouver le niveau de sécurité des années cinquante. Dans le domaine de la justice et de la sécurité, comme dans beaucoup d’autres (je songe à l’éducation, à la famille, à la politique sociale), les conceptions de la gauche ont presque totalement prévalu, jusqu’à présent, même sous les gouvernements dits de droite.

 

C’est en rompant avec les idées fausses et dangereuses du « badintérisme », de la soi-disant « école de défense sociale nouvelle », que l’on pourra reprendre conscience des valeurs humanistes qui sont à la source de la civilisation occidentale et rendre aux Français ce bien si précieux qui est la première des libertés à la condition de toutes les autres : la sécurité.

 

 

Henry de Lesquen

Président du P.N.L.

Les effets négatifs de l’immigration sur le marché du travail

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Les effets néfastes de l’immigration sur le travail : les éclairages des recherches universitaires menées par le Center for Immigration Studies.

 

Conclusion des travaux du CIS de septembre 2016 :

 

En résumé, les États-Unis ont été un aimant pour les travailleurs peu qualifiés issus de l’immigration alors même que les autochtones peu qualifiés ont travaillé de moins en moins. Cela ne signifie pas nécessairement que les immigrés excluent les indigènes de la main-d’œuvre, mais plutôt que les immigrés remplacent les indigènes, causant une détresse économique et sociale dans les communautés les plus touchées. Comme les indigènes quittent le marché du travail – que ce soit en raison de la concurrence des immigrés, des salaires insuffisants, du recours aux aides sociales, du dégoût pour le travail manuel, ou pour une autre raison – les employeurs se tournent de plus en plus vers les immigrés.

Quelle que soit la mesure dans laquelle l’immigration a causé le déclin du travail dans les communautés américaines de la classe inférieure, l’immigration n’agit que comme un pansement, occultant le problème majeur. Au lieu de chercher des façons d’obtenir le retour au travail des indigènes – grâce à des salaires plus élevés, ou à une diminution de l’accès aux aides sociales – les chefs de gouvernement et d’entreprise ont amené les immigrés à faire le travail à leur place. La limitation de l’immigration ne résoudrait pas tous les problèmes auxquels sont confrontés les autochtones peu qualifiés, mais elle permettrait de les inciter à réintégrer le monde du travail.

La concurrence des immigrés est une des thèses possibles pouvant expliquer la baisse de travail chez les autochtones peu qualifiés.

La réforme de l’immigration augmenterait le taux de participation global au marché du travail en apportant de nouveaux individus en âge de travailler, compensant ainsi certains des enjeux macroéconomiques associés au déclin de la participation des jeunes adultes sur le long terme.

 

Charles Murray sur les dangers de la société multiculturelle :

La diversité ethnique est correllée à des effets vraiment dévastateurs sur la confiance mutuelle, et sur le capital social. (…) Et ce n’est pas seulement une baisse de la confiance mutuelle entre les groupes, mais à l’intérieur même de chaque groupe ethnique.

 

Lire le rapport complet 

 

Pourquoi l’islam est incompatible avec notre identité

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Pourquoi l’islam est incompatible avec notre identité nationale et notre civilisation

 

 

De la dissimulation

Nous avons parlé des intellectuels occidentaux, surtout français, qui donnent une vision tendancieuse de l’islam, sans pour autant s’être convertis. Mais il faut évoquer aussi la cohorte des musulmans qui veulent donner à l’extérieur du monde islamique une image aussi rassurante que fallacieuse de leur religion et qui réussissent d’autant mieux à nous berner que nous sommes trop heureux d’entendre ce que nous avions envie d’entendre. Il faut savoir que l’islam a fait une doctrine de la dissimulation (taqiyeh), que tout bon musulman a le devoir de pratiquer, le cas échéant, dans l’intérêt de sa religion, pour garder le secret (ketman) sur ce qu’elle est réellement. Autrement dit, l’hypocrisie et le mensonge, qui sont un péché pour un chrétien, sont au contraire recommandés comme une vertu par l’islam, lorsque le rapport de forces les rend nécessaires. La taqiyeh a été pratiquée sur une grande échelle par les chiites et les membres des autres sectes dissidentes, pour échapper à la persécution et à la mort, dans des pays dominés par l’orthodoxie sunnite. Et, après la Reconquista, les musulmans d’Espagne ont obtenu des oulémas (docteurs de la loi islamique) d’Afrique du nord, des fatwas qui les autorisaient à pratiquer clandestinement leur religion, en feignant d’être chrétiens, situation qui a perduré pendant un siècle jusqu’à l’expulsion de ces “Morisques”, en 1609.

Il faut donc être très circonspect à l’égard des discours que les pieux musulmans tiennent à l’intention des Occidentaux. La désinformation s’y mêle étroitement à l’information. C’est ainsi, par exemple, que le port du voile par les femmes, qui est une obligation imposée par la charia (la loi coranique), nous est présentée comme un droit de l’homme (ici, de la femme)…

Ne soyons pas naïfs. Ce double langage n’est pas l’exception, mais la règle. Un partage des rôles s’est institué entre les orientalistes qui proclament doctement le déclin de l’islamisme et les propagandistes de l’islam en Occident qui nous présentent le visage avenant d’une religion tolérante et pacifique – ce qui n’a rien à voir avec le véritable islam.

On nous dit que le djihad n’est pas la guerre sainte, mais un effort spirituel que l’on exerce sur soi-même pour s’améliorer. Il faut vraiment ne jamais avoir lu une ligne du Coran – ou n’en connaître que des traductions expurgées et trafiquées pour tomber dans le panneau. Le grand islamologue Maxime Rodinson rétablit ainsi la vérité : « Le “djihad”, c’est l’obligation, dans la doctrine musulmane classique, de mener la lutte, en particulier la guerre, pour étendre le domaine de la vérité, c’est-à-dire le domaine de l’islam. C’est ce qu’on appelle souvent la guerre sainte. Les apologistes de l’islam, qu’ils soient européens ou arabes, persans ou turcs, vous disent que le mot “djihad” veut dire effort, c’est vrai. Mais l’effort, pour l’essentiel, pour la religion, a consisté pendant des siècles à défendre et à étendre les domaines conquis au départ ; donc on peut dire, très sommairement, très brutalement, en simplifiant d’une façon outrancière, que le “djihad”, c’est la guerre sainte. »

On pourrait multiplier les exemples des déformations et des désinformations qui portent sur les concepts-clés de l’islam. L’une des moindres n’est pas de nous faire croire que l’islam est “laïc”, parce qu’il n’aurait pas de clergé. Or, l’islam est tout sauf laïc, puisqu’il ignore la distinction de l’Etat et de la religion et, s’il n’a pas de sacerdoce, il est encombré par ses mollahs et autres oulémas, qui constituent bien l’équivalent d’un clergé, tant chez les sunnites que chez les chiites.

 

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« Avec l’arrivée, en 661 de la dynastie des Umayyades, les conquêtes reprennent, et le détroit de Gibraltar est franchi en 711. Ainsi, partie de La Mecque, la nouvelle religion s’impose désormais sur un immense territoire qui va de l’Atlantique jusqu’au fleuve Indus dans le sous-continent indien. »

 

La vérité sur l’islam

La France a eu, au XXe siècle, les plus grands islamologues du monde, qui ont mis en français, à la portée de tous ceux qui veulent s’en donner la peine, la vraie connaissance de l’islam. Citons Henri Corbin, Louis Gardet, Henri Laoust, Louis Massignon. On découvre, dans leur œuvre, l’immense richesse de la pensée islamique, en même temps que sa complexité et sa diversité. Mais on y apprend, sur l’islam, tout autre chose que ce que nous en disent les “Turcs de profession” d’aujourd’hui. Le mieux est sans doute de consulter le livre classique de Louis Gardet, La Cité musulmane Note bas page , qui en donne une vision profonde et synthétique. On peut aussi, bien sûr, utiliser celui de J.-P. Péroncel-Hugoz, Le Radeau de Mahomet, déjà cité, qui est d’un abord plus facile. Enfin, nous signalerons les deux excellents numéros de la Revue Panoramiques, dirigée par Guy Hennebelle, “L’islam est-il soluble dans la République ?” (n̊ 29, 2e trimestre 1997) et “L’islam est-il rebelle à la libre critique ?” (n̊ 50, 1er trimestre 2001), où l’on trouvera d’intéressantes discussions en rapport direct avec notre sujet.

Louis Gardet définit la “Cité musulmane” comme une “théocratie égalitaire”, en empruntant la formule à Louis Massignon. En effet, la loi islamique, la charia, est censée venir directement de Dieu lui-même, qui l’a révélée dans le Coran – lequel, comme on sait, est la “Parole de Dieu incréée” et n’est donc nullement l’œuvre de Mahomet, qui n’a fait que rapporter la parole divine que lui dictait l’Archange Gabriel, selon le dogme musulman. Qui plus est, l’interprétation du Livre Saint, nécessaire à l’application de ses prescriptions dans tous les aspects de la vie sociale, relève exclusivement d’un corps de spécialistes, les oulémas, qui ont seuls autorité pour dire ce que demande concrètement la charia. Et cette théocratie est égalitaire parce que “islam” signifie “soumission” dans la langue arabe, et que l’idéal du pieux musulman est d’être l’esclave de Dieu (abd) ; ainsi tous les croyants se retrouvent-ils à égalité, dans leur nullité devant Dieu.

 

Dans ce système, il n’y a pas de distinction entre l’Eglise et l’Etat. Sur ce point, comme sur beaucoup d’autres, l’islam s’oppose au christianisme. Jésus disait : “Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu”, et il ne s’est jamais occupé de réformer la société, tandis que Mahomet, le “beau modèle” des musulmans, n’a pas été seulement le fondateur d’une religion, mais aussi un chef de guerre et un chef d’Etat. Il est donc compréhensible que le même “terme”, islam, désigne couramment à la fois une religion et une civilisation, tandis que nous ne confondons pas l’Occident avec le christianisme, quelle que soit l’influence que celui-ci ait exercé sur notre civilisation. L’islam est plus qu’une religion, parce qu’il entend régir entièrement la vie sociale. Le Coran, sur lequel est fondée la charia, n’est pas seulement un “évangile”, c’est aussi un code civil et un code pénal.

Il en résulte, en particulier, que la démocratie est évidemment incompatible avec l’islam et que Gilles Kepel se moque du monde, quand il se prend à rêver de la “démocratie musulmane” dont il prophétise l’avènement, alors que c’est une contradiction dans les termes. Dans la démocratie, le pouvoir vient du peuple, qui fait la loi, directement ou par l’intermédiaire des représentants qu’il a mandatés, alors que dans la théocratie, le pouvoir est censé venir de Dieu, c’est-à-dire, concrètement, qu’il est monopolisé – au moins dans sa dimension législative – par les docteurs de la loi, seuls aptes à interpréter l’Ecriture sainte.

Si l’Occident, pour sa part, a pu s’ouvrir à la démocratie, c’est qu’il est, comme l’a écrit Henri de La Bastide, la civilisation de la Personne, fondée sur la doctrine de l’Incarnation, selon laquelle le divin se mêle intimement à l’homme. Au contraire, l’Islam, civilisation de la Parole, établit un fossé infranchissable entre le Créateur et sa créature, et tient en conséquence pour peu de chose la valeur de la personne humaine. Autant dire que les droits de l’homme ou libertés fondamentales, tels que nous les comprenons en Occident, sont totalement étrangers à la vision théocratique de l’islam. La place de la femme dans la société, en particulier, qui a pu évoluer dans notre pays, reste, en terre d’islam, étroitement cantonnée dans les limites fixées par la charia.

Oui, comme le dit fortement Jean-Claude Barreau, “tous les dieux ne sont pas égaux” ! Si le christianisme est la religion de la charité, de l’amour, l’islam est, à l’inverse, la religion du djihad, de la guerre sainte. Depuis Mahomet, le message de l’islam a été propagé par les armes, souvent avec férocité. Et l’islam a toujours fait la guerre aux peuples non musulmans qu’il côtoyait. A cet égard, il faut souligner que nos croisades n’avaient rien à voir avec la guerre sainte des musulmans. Elles avaient un objectif limité, puisqu’ils s’agissaient seulement de délivrer les Lieux saints conquis par les musulmans, et elles relevaient, par conséquent, d’une certaine manière, de la légitime défense… Le djihad, au contraire, est une obligation permanente, qui doit être accomplie, lorsque les conditions en sont réunies : la principale de ces conditions, au demeurant, résidant dans les rapports de forces entre les musulmans et les kafirs, les impies que nous sommes, ce qui témoigne du grand réalisme des docteurs de la loi…

 

Depuis quatorze siècles que l’islam a été fondé, on n’a jamais vu nulle part de cohabitation durablement pacifique, au sein d’une même société, entre musulmans et non musulmans. Alain Daniélou, qui connaît bien le cas de l’Inde, n’hésite pas à affirmer à cet égard : “(La religion musulmane) fut la plus orgueilleuse, la plus sûre d’elle-même, la plus férocement destructive des religions et des cultures que le monde ait connues.” La doctrine musulmane distingue le dar el islam (“monde de la soumission”), d’une part, c’est-à-dire l’ensemble des pays musulmans, et le dar el harb, le “monde de la guerre”, d’autre part. Certains auteurs (mais certains auteurs seulement !), nous dit Louis Gardet, admettent une troisième catégorie, intermédiaire, le dar-el-ahd, le “monde de la trêve ou du contrat”, étant entendu que ladite trêve est provisoire par nature. Aujourd’hui, Samuel Huntington peut parler des “frontières sanglantes de l’islam”. En effet, à la périphérie du monde musulman, les conflits féroces se multiplient : Bosnie, Kossovo, Macédoine, Thetchénie, Karabakh, Cachemire, Moluques, Philippines, Soudan, sans parler de la Palestine, ou même des violences qui ravagent nos banlieues peuplées d’immigrés musulmans.

Jules Monnerot avait affirmé que le communisme était “l’islam du XXe siècle”, comprenez, un système révolutionnaire et totalitaire dont l’ambition est de dominer le monde entier par tous les moyens, y compris par la guerre. La grande question est de savoir si l’islam ne sera pas le communisme du XXIe siècle.

 

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Détruire la théorie du genre, par Henry de Lesquen

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Comprendre et détruire la théorie du genre

Prix Lyssenko 2012 décerné à Luc Chatel, Eric Fassin et Judith Butler

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« Loin d’être aux lois d’un homme en esclave asservie,

Mariez-vous, ma sœur, à la philosophie,

Qui nous monte au-dessus de tout le genre humain,

Et donne à la raison l’empire souverain

Soumettant à ses lois la partie animale,

Dont l’appétit grossier aux bêtes nous ravale. »

Molière, Les femmes savantes, Acte I, scène I

 

 

La théorie du genre au programme

On ne naît pas femme : on le devient.” Cette phrase prononcée par Simone de Beauvoir dans Le deuxième sexe (1949) a des relents d’existentialisme : “L’existence précède l’essence”, comme disait son maître Jean-Paul Sartre ; l’être humain serait à l’origine parfaitement indéterminé et pourrait choisir d’être ceci ou cela en vertu des choix inconditionnés qu’il effectuerait librement ; mais elle peut être aussi interprétée d’un point de vue environnementaliste selon lequel nous serions entièrement déterminés par les circonstances du milieu et de la société, sans que l’hérédité ait la moindre importance dans la formation de notre identité. En tout cas, la phrase en question est d’une stupidité qui n’a d’égal que sa célébrité, car on est en réalité du sexe féminin, ou du sexe masculin, non seulement dès la naissance, comme les parents s’en aperçoivent juste après l’accouchement, mais neuf mois plus tôt, à l’instant fatidique de la conception, quand le spermatozoïde rencontre l’ovule qu’il féconde, selon qu’il lui apporte un chromosome X ou un chromosome Y. Si Simone de Beauvoir avait écrit : “Homme ou femme, peu importe !” ou quelque chose du même acabit, l’erreur aurait été moins grossière.

Aussi stupide soit-elle, cependant, la phrase de Simone de Beauvoir est la devise de la théorie du genre. Judith Butler, notre troisième lauréate, qui aurait pu être citée en premier si nous n’avions tenu compte que de l’influence ou de la contribution intellectuelle, la cite une demi-douzaine de fois dans Trouble dans le genre – Le féminisme et la subversion de l’identité (Gender Trouble : Feminism and the Subversion of identity), livre de 1990 qui a fait sa gloire dans les milieux féministes et qui demeure la bible des prétendues “études du genre”[1]. En outre, elle a visiblement inspiré le nouveau programme de “sciences de la vie et de la terre” (SVT) des classes de première que M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, a décidé d’introduire dans l’école de la république à la rentrée de septembre 2011, programme qui prescrit d’étudier le thème : “Devenir homme ou femme”. Il ne s’agit pas, pour le ministre de M. Sarkozy, d’“être” homme ou femme, mais de le “devenir”. Tout est là, dans cette distinction entre les deux verbes, être et devenir, qui établit un clivage entre la science et l’obscurantisme de la pseudo-science, du charlatanisme lyssenkiste, lequel correspond ici parfaitement au clivage idéologique gauche-droite. (Seuls les naïfs s’étonneront de trouver M. Chatel, ministre de M. Sarkozy, du côté de l’obscurantisme et de la gauche.)

La théorie du genre était à peu près inconnu du grand public français jusqu’à ce que le ministre Chatel en prescrive l’enseignement à nos malheureux enfants en septembre 2011. Dans la foulée, Mme Judith Butler a été reçue en grande pompe le 5 octobre 2011 à l’université de Bordeaux, qui l’a nommée docteur honoris causa. Quant au sociologue Eric Fassin, notre troisième lauréat, sa contribution à la théorie elle-même est mince, mais il a introduit la pensée de Judith Butler en France en préfaçant la traduction de son ouvrage fondateur, Trouble dans le genre ; militant acharné de la cause homosexuelle, du PACS, puis du mariage homosexuel, il est intervenu avec véhémence dans un article du Monde le 17 décembre 2011 pour dénoncer les timides tentatives de ceux qui se permettaient de critiquer les manuels établis sur la base du programme de M. Chatel, article dans lequel M. Fassin et ses cosignataires avaient l’impudence de se réclamer de la science !

Soulignons tout de suite la responsabilité pleine et entière du ministre de l’éducation nationale, donc du président de la république qui l’a nommé, dans cette entreprise de subversion que représente l’enseignement de l’absurde théorie du genre. L’Etat est une organisation hiérarchique et tout ce qui est décidé dans le ministère l’est au nom du ministre. Rien ne peut se faire sans son aval et il lui est loisible de rapporter à tout moment tout acte qui aurait été fait à son insu contre sa volonté. Il est pour le moins regrettable que la plupart des élus ou des responsables d’associations religieuses qui se sont mobilisés contre les manuels scolaires aient feint d’accepter la réponse de M. Chatel, prétendant qu’il n’était pour rien dans la rédaction des manuels. Or, après le titre, “Devenir homme ou femme”, on peut lire dans le programme cette description des “compétences attendues” des élèves :

Différencier, à partir de la confrontation de données biologiques et de représentations sociales, ce qui relève :

“- de l’identité sexuelle, des rôles en tant qu’individus sexués et de leurs stéréotypes dans la société, qui relèvent de l’espace social ;

“- de l’orientation sexuelle qui relève de l’intimité des personnes.

Le mot “genre” a été soigneusement évité, certes, mais la manière de traiter du sexe dans le programme est exactement celle de la théorie du genre, qu’on peut justement définir comme le “rôle en tant qu’individu sexué dans l’espace social”. S’il faut acquérir une “identité sexuelle” pour “devenir homme ou femme”, c’est bien que cette identité n’est pas donnée à la naissance. En fait, on ne devrait pas parler d’“identité sexuelle”, mais de l’aspect sexuel de l’identité individuelle, car l’identité est un tout. Héritière de la psychanalyse de Freud, bien que considérée comme une hérésie par les psychanalystes orthodoxes (comme le père Tony Anatrella, qui sévit dans les milieux catholiques), la théorie du genre ramène tout au sexe, et ce n’est pas le moindre de ces défauts.

Le terme d’“orientation sexuelle”, qui s’est hélas imposé dans le langage courant, en tout cas dans le “cosmopolitiquement correct”, est lui-même biaisé. La métaphore spatiale qu’il contient met sur le même plan les inclinations ou tendances sexuelles des individus, quelles qu’elles soient. Elle pose implicitement qu’il n’y a pas un comportement normal dont s’écarteraient des comportements déviants. Or, c’est une chose de dire que chacun est libre de son corps, que les choix intimes des individus ne regardent qu’eux, et qu’il faut être parfaitement tolérant en particulier à l’égard des homosexuels, qui ont le droit de “vivre leur vie”, c’est en une autre d’affirmer que le concept de normalité sexuelle manque de pertinence scientifique.

M. Luc Chatel a donc fait preuve d’hypocrisie quand il a répondu aux critiques, par la voix de son chef de cabinet : “La théorie du genre n’apparaît pas dans le texte des programmes de SVT.” Elle n’y est pas nommément, certes, mais elle y est bel et bien en fait.

Les auteurs des manuels ne s’y sont pas trompés. On lit dans celui édité par Hachette : “Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle, mais ce n’est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie (…) est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l’autre. Devenir un individu sexué fait partie intégrante de la construction identitaire.” Ou encore : “La société construit en nous, à notre naissance [il faut sans doute lire : à partir de notre naissance], une idée des caractéristiques de notre sexe. Ce qu’on appelle le genre, c’est cette construction sociale autour du sexe. (…) La construction sociale du genre est variable dans le temps et l’espace.”

Le manuel Bordas s’intéresse à “la transsexualité, ou la discordance entre identité sexuelle et sexe biologique”. Il n’y voit pas une maladie, mais une simple façon d’être, et évoque tout uniment “l’intervention chirurgicale, dite de réassignation sexuelle, (qui) existe depuis quelques décennies”. Au lieu de se dire, selon la formule classique, que l’exception confirme la règle [2], ou la norme, il laisse entendre qu’elle l’abolit. Quand il évoque la prétendue “orientation sexuelle”, le manuel ne parle pas, bien entendu, de comportement normal, mais d’hétérosexualité, par opposition à l’homosexualité, et nous propose une photo de la Gay Pride, manifestation dite de la fierté homosexuelle.

La décision du ministre Chatel de mettre la théorie du genre dans la matière “sciences de la vie et de la terre” est tout à fait vicieuse, car la théorie en question relève de la psychologie, de la sociologie ou de la philosophie, aucunement des “sciences dures”, et que, ce faisant, on l’inculque aux élèves comme une vérité couverte de l’autorité de la science, et non comme un sujet de débat. C’est là une entreprise de conditionnement des esprits.

 

Théorie « performative » du genre

La théorie du genre nous vient des Etats-Unis d’Amérique, avec Judith Butler, ce pourquoi certains voudraient absurdement le dire en anglais, “gender”, renonçant à traduire. Mais on pourrait dire plutôt qu’elle nous revient, car les élucubrations de Mme Butler se présentent comme une discussion d’une foule d’auteurs français. Outre Simone de Beauvoir pour son Deuxième sexe, ce sont principalement Luce Irigaray, Monique Wittig, Julia Kristeva, Michel Foucault, Jacques Lacan, mais aussi Pierre Bourdieu, Jacqques Derrida, Gilles Deleuze et Félix Guattari, Claude Lévi-Strauss. Quand elle parle de Karl Marx, de Sigmund Freud ou de Frédéric Nietzsche, c’est en général à travers l’interprétation qu’en donnent ses sources françaises. La théorie du genre est donc une expression de ce qu’on appelle dans les universités américaines la “théorie française” (French theory). Nous ne sommes pas sûrs de devoir en être fiers. Si l’on a encore quelque illusion sur la valeur scientifique de tous ces auteurs, on fera bien de lire le remarquable ouvrage d’Alan Sokal et Jean Bricmont, Impostures intellectuelles (Odile Jacob, 1997). On y verra comment ces auteurs français qui font autorité en Amérique alignent les pires insanités, le sommet du burlesque étant atteint par Jacques Lacan. Nous ne résistons pas à l’envie de reproduire ce passage inoubliable où il fait du phallus l’équivalent de racine carrée de -1 (cité p. 32) :

C’est ainsi que l’organe érectile vient à symboliser la place de la jouissance, non pas en tant que lui-même, ni même en tant qu’image, mais en tant que partie manquante à l’image désirée : c’est pourquoi il est égal au racine de -1 (…) de la jouissance qu’il restitue par le coefficient de son énoncé à la fonction de manque du signifiant : (-1).”

Comme Judith Butler tire de la psychanalyse, qu’elle réinterprète, une grande partie de sa théorie du genre, nous supposerons connu et admis, pour notre discussion, que la psychanalyse de Freud, de Lacan et consorts, est une fausse science, une imposture pseudo-scientifique. Comme l’a dit Hans Eysenck, “rien de ce qui est nouveau dans la psychanalyse n’est vrai, rien de ce qui est vrai dans la psychanalyse n’est nouveau”. Pour approfondir la question, nous vous renvoyons aux travaux du Club de l’Horloge, notamment au rapport du prix Lyssenko attribué à Elisabeth Roudinesco en 2003, et à l’abondante littérature consacrée à la réfutation des travaux de Freud et de ses épigones, en particulier les ouvrages de Pierre Debray-Ritzen, La psychanalyse, cette imposture [3], de Jacques Bénesteau, Mensonges freudiens [4], et un ouvrage collectif de 2005, Le livre noir de la psychanalyse [5]. Il est évident que l’édifice théorique de Mme Butler ne peut pas valoir davantage que ses fondations. Il est même probable qu’il vaut encore moins.

De tous les auteurs français exploités par Judith Butler, nous ferons une mention spéciale de Pierre Bourdieu, prix Lyssenko en 1998. Le préjugé environnementaliste de Bourdieu, que partage Butler, est à la fois anti-scientifique et anti-humaniste, comme nous l’avons montré dans La Politique du vivant [6], et le conduit à nier la nature humaine. Cette négation, qui apparaît déjà dans ses ouvrages sur l’école, devient une obsession dans La Domination masculine [7]. D’après lui, la différence des deux sexes est tout entière un produit de l’“arbitraire social”, et, pour reprendre la formule de Simone de Beauvoir, “on ne naît pas femme, on le devient”. Le mécanisme de reproduction des rapports de domination ne fonctionne bien que parce qu’il fait passer pour naturel ce qui est, en réalité, culturel et donc arbitraire. L’aliénation des femmes et, en général, des “dominés”, est fondée sur cette illusion du naturel. “Les dominés appliquent des catégories construites du point de vue des dominants aux relations de domination, les faisant ainsi apparaître comme naturelles.”[8]

La négation de la biologie est caricaturale quand Bourdieu étudie les différences sexuelles, dans La Domination masculine. Il veut à toute force faire accroire que les différences sociales entre les deux sexes n’ont strictement rien à voir avec la biologie, et il entend “démonter les processus qui sont responsables de la transformation de l’histoire en nature, de l’arbitraire culturel en naturel” [9]. Son délire environnementaliste l’amène aux pires absurdités. Il consacre de longues pages à ce qu’il appelle “la construction sociale des corps”, ce qui signifie que les données de la biologie sont secondaires. Et il aboutit à cette admirable formule, qui a été remarquée aussi bien par Valeurs actuelles [10] que par Le Canard Enchaîné [11], selon laquelle “les différences visibles entre les organes sexuels masculin et féminin sont une construction sociale” (la phrase complète fait onze lignes, mais nous avons extrait la pépite de sa gangue) [12]. Judith Butler ne cite pas ce passage de Bourdieu, mais d’autres de Monique Wittig qui sont du même acabit.

On saisit ici ce qui fait l’essentiel de la théorie du genre. Le mot “sexe” en français, comme son équivalent anglais (sex), désigne primo “la conformation particulière qui distingue l’homme de la femme”, du point de vue biologique, et, secundo, “la qualité d’homme ou de femme” et la “catégorie sociale qui regroupe les personnes de même sexe au sens biologique du mot”. On pourrait concevoir que, par convention, on parle de “genre” (en anglais, gender) pour cette second acception du mot sexe, le mot genre désignant, d’une part, une catégorie grammaticale (genre masculin ou féminin), d’autre part “tout groupe d’êtres ou d’objets présentant des caractères communs”. Mais cette convention n’est pas innocente ; elle a été mise au service d’une thèse scientifique contestable, puis d’un projet politique qui ne l’est pas moins. Elle a été adoptée en premier lieu par un psychologue américain, John Money, dans les années 1950. Il étudiait les transsexuels et avait cru pouvoir conclure que la différence homme-femme était due à l’éducation plus qu’à la biologie. Elle a été popularisée par le psychanalyste américain Robert Stoller dans les années 1960. Elle est ensuite devenue le thème central du mouvement des femmes homosexuelles aux Etats-Unis, avec Judith Butler, puis, sous l’influence des diverses coteries homosexuelles à travers le monde, elle s’est imposée comme la doctrine officielle de l’ONU et de l’UNESCO à la conférence sur les femmes qui s’est tenue en 1995 à Pékin. Il a fallu à la France attendre un président et un gouvernement de droite pour qu’elle s’y ralliât en 2011.

Judith Butler en a donné la version la plus radicale, sinon la plus accomplie. C’est la “théorie performative du genre” ou “théorie de la performativité du genre”. L’adjectif “performatif” (ou le substantif “performativité”) est un anglicisme (performative) tiré de la philosophie du langage de l’Anglais John Langshaw Austin (1911-1960). On devrait dire en bon français : “autoréalisateur”. Selon Austin, un énoncé est performatif ou autoréalisateur quand il se réalise en s’énonçant. Ainsi, quand on dit : “Je vous promets”, ou “je vous autorise”, la promesse ou l’autorisation étant constituée par le fait même de le dire.

Le performatif est aujourd’hui très en vogue dans la gauche intellectuelle, parce qu’il permet de soutenir, en extrapolant, que ce sont les mots qui font les choses, et non l’inverse, comme le pensait le sens commun. Appliqué au sexe, devenu genre, la théorie performative de Butler prétend expliquer pourquoi, selon Beauvoir, on devient homme ou femme. C’est parce que l’on est désigné comme garçon ou fille, homme ou femme, qu’on le devient. Ce n’est donc pas par hasard que l’on convoque une catégorie grammaticale, le genre, pour supplanter une catégorie biologique, le sexe. Ici, la linguistique devient une forme d’alchimie. La formule magique du genre a le pouvoir de nous faire homme ou femme.

Comment le langage produit-il lui-même le « sexecomme une construction fictive qui soutient (les) divers régimes de pouvoir ?”, demande Judith Butler (Trouble dans le genre, p. 54). “La construction de la catégorie “femme” comme sujet cohérent et stable n’est-elle pas (…) une régulation et une réification des rapports de genre ?” (p.66) “Lorsqu’on théorise le genre comme une construction qui n’a rien à voir avec le sexe, le genre devient lui-même un artefact affranchi du biologique, ce qui implique que homme et masculin pourraient tout aussi bien désigner un corps féminin qu’un corps masculin, et femme et féminin un corps masculin ou féminin.” (p. 68)

Butler nous donne encore sa définition personnelle, quelque peu absconse, du genre : contrairement à ce que l’on pourrait penser, “le genre n’est pas à la culture ce que le sexe est à la nature ; le genre, c’est aussi l’ensemble des moyens discursifs/culturels par quoi la “nature sexuée” ou un “sexe naturel” est produit et établi dans un domaine “prédiscursif”, qui précède la culture, telle une surface politiquement neutre sur laquelle intervient la nature après coup.” (p. 69) On nous fera crédit, espérons-nous, d’avoir entrepris d’extraire préalablement la pensée de Butler de sa gangue, pour lui donner un sens, car ce passage n’en a pas, à notre avis. Sokal et Bricmont écrivent à propos des auteurs dont s’inspirent Butler : “En particulier, nous voulons “déconstruire” la réputation qu’ont ces textes d’être difficiles parce que profonds. Dans bien des cas, nous pouvons démontrer que, s’ils semblent incompréhensibles, c’est pour la bonne raison qu’ils ne veulent rien dire.

Nous estimons que les élucubrations qu’alignent Judith Butler dans Trouble dans le genre et d’autres ouvrages, comme Le pouvoir des mots. Discours de haine et politique du performatif, sont à peu près toutes du même tonneau et, si elles ne sont pour ainsi dire jamais sensées, c’est que bien souvent elles n’ont tout simplement pas de sens.

Dans un souci d’objectivité, nous allons cependant reproduire un passage de Judith Butler, qui nous paraît donner un résumé en négatif de sa théorie du genre, en ce qu’elle se distingue des conceptions antérieures, et qui est en outre caractéristique de sa prose pédantesque, filandreuse et tarabiscotée (il y en a des centaines de pages de ce style) :

Le genre ne peut dénoter une unité de l’expérience du sexe, du genre et du désir, que lorsque le sexe est compris comme ce qui nécessite d’une certaine manière le genre et le désir – le genre étant ici une désignation psychique ou culturelle du soi, le désir étant hétérosexuel et se différenciant donc dans un rapport d’opposition à l’autre genre qui est son objet. La cohérence interne ou l’unité de chaque genre – homme ou femme – requiert ainsi une hétérosexualité qui soit un rapport stable et simultanément d’opposition. Cette hétérosexualité d’institution nécessite et produit l’univocité de chaque terme marqué par le genre qui limite le champ du possible au système d’oppositions dichotomiques du genre. Cette conception du genre, outre qu’elle présuppose un rapport causal entre le sexe, le genre et le désir, implique que le désir reflète ou traduit le genre, et que le genre reflète ou traduit le désir. On pense que l’on peut connaître l’unité métaphysique de ces trois termes et que cette unité se traduit en un désir distinctif pour le genre opposé – c’est-à-dire, dans une forme d’hétérosexualité oppositionnelle. Paradigme naturaliste qui établit un lien direct et causal entre le sexe, le genre et le désir, ou paradigme d’expression authentique où un vrai soi se révèle, simultanément ou successivement, dans le sexe, le genre et le désir, le “vieux rêve de symétrie”, pour reprendre les termes d’Irigaray, est ici présupposé, réifié et naturalisé.” (pp. 92-3)

Si Butler s’oppose au “paradigme naturaliste”, c’est parce que pour elle le genre, catégorie du langage à l’origine, a valeur performative. Comme pour Lacan, tout à ses yeux vient du langage et y ramène. Le sexe lui-même serait “produit sur un mode performatif” (p. 110) et donc, en réalité, dit-elle, “il n’est pas” (sic). Il ne reste plus que le genre, production du langage.

 

Réfutation de la théorie du genre

Il n’est pas nécessaire d’en dire davantage sur la théorie du genre en général ou sur la théorie performative du genre de Judith Butler pour se convaincre de son absurdité. Est-il nécessaire de la réfuter ? Ce n’est pas évident.

La théorie du genre est tout d’abord contraire au sens commun et à l’observation élémentaire, ce qui devrait suffire à l’écarter. Il arrive parfois que la science déjoue le sens commun, comme ce fut le cas avec la révolution copernicienne : le soleil n’est pas un lumignon posé dans le ciel, c’est un astre beaucoup plus gros que la terre et, bien que le mouvement soit relatif, il est plus simple de considérer que c’est la terre qui tourne autour du soleil plutôt que l’inverse. Mais Mme Butler et consorts (ou consoeurs) ne nous apporte aucun argument sérieux qui nous permette de conclure à l’inversion du sens commun quand il s’agit du sexe ou du genre.

La science nous permet plus souvent, au contraire, de mieux comprendre ce que nous pouvions déjà voir sans en discerner les causes. On peut appliquer à Judith Butler ce que nous disions d’Albert Jacquard, curieux généticien qui a inauguré le prix Lyssenko en 1990 et qui avait cette étonnante particularité de nier l’hérédité (alors que la génétique est la science de l’hérédité). Jacquard affirmait que l’homme aurait la capacité de s’“autoconstruire” et mettait en exergue de son livre Inventer l’homme cette phrase de Jean-Paul Sartre, tirée de L’Existentialisme est un humanisme : « L’homme, sans aucun appui et sans aucun secours, est condamné à chaque instant à inventer l’homme. » C’est le corps de doctrine dont découle le “On ne naît pas femme…” de Beauvoir et la théorie du genre de Butler. Comme celle-ci, Jacquard expliquait inlassablement que les opinions courantes n’avaient aucun fondement et que nous étions trompés par le témoignage de nos sens.

La mission de la science ne consiste pourtant pas le plus souvent à expliquer aux gens que les phénomènes observés par eux n’existent pas, elle est plutôt d’en découvrir les causes. Lorsque Newton voit tomber une pomme, il élabore la théorie de la gravitation. Imaginons Jacquard (ou Butler) dans la même situation : il soutiendrait que la pomme n’est pas tombée et se gausserait ensuite de la crédulité des gens qui voient tomber la pomme, avant de condamner sévèrement l’“idéologie de la gravitation”, puis de conclure que Newton est « un âne bâté » (comme Engels l’avait déjà estimé avant lui).

La différence des sexes est une évidence robuste. Il en faudrait un peu plus que les sornettes de Butler pour nous persuader qu’elle n’est qu’une construction sociale, quand elle repose à l’évidence sur un substrat biologique incontestable.

On pourrait cependant renoncer à réfuter Butler si l’on estimait que son discours était pour l’essentiel dépourvu de sens. L’objection s’applique à une grande partie de ses analyses, où elle jongle impunément avec des notions abstraites qu’elle ne définit pas, ou pas clairement, et qui ne paraissent pas avoir de prise sur la réalité. Il paraît donc inutile de discuter dans le détail une prose aussi fastidieuse que vaine, à moins de la sortir carrément du champ scientifique ; c’est là qu’elle prétend pourtant se situer, sans renoncer simultanément à la revendication militante, car elle ne cesse d’appeler à la “subversion” et de discuter de la valeur des positions théoriques des auteurs féministes par rapport à leur intérêt stratégique pour la cause du féminisme.

On peut quand même extraire des écrits de Judith Butler un résumé, positif cette fois-ci, de sa théorie du genre. Avec Michel Foucault, elle affirme que le sexe est “une unité fictive” (p. 197) et conteste “l’idée fausse selon laquelle le “sexe” serait à la fois univoque et causal”. Avec Monique Wittig, elle pense que “la catégorie du sexe et l’institution naturalisée de l’hétérosexualité sont des constructions, des fantasmes ou des “fétiches” socialement institués et régulés, des catégories non pas naturelles, mais politiques” (p. 245). Elle dit encore : “le sexe n’est pas la cause du genre, et le genre ne peut pas se comprendre comme le reflet ou l’expression du sexe” (p. 223). En effet, selon elle, le langage du genre, comme le langage en général, “jouit du pouvoir de créer ce qui est “socialement réel” à travers les actes locutoires des sujets parlants” (p. 228). Les actes, les gestes ou les paroles sont “performatifs”, en ce sens, dit-elle, que “l’essence ou l’identité qu’ils sont censés refléter sont des fabrications, élaborées et soutenues par des signes corporels et d’autres moyens discursifs” (p. 259).

Or, contrairement à ce que soutiennent Foucault et Butler, le sexe n’est nullement une unité fictive. L’homme (homo) est un être vivant. Il appartient à l’espèce homo sapiens, au genre homo, à la famille des hominidés, à l’ordre des primates, à la classe des mammifères, à l’embranchement des vertébrés, au règne animal, au monde vivant. Il partage 99 % de ses gènes avec le chimpanzé. Toutes les espèces vivantes ne sont pas sexuées, mais beaucoup le sont, tant chez les plantes que chez les animaux. Tous les mammifères sont des animaux sexués. La division sexuelle est apparue plusieurs fois dans l’évolution et a manifestement prospéré parce qu’elle donnait un avantage sélectif aux individus qui l’avaient adoptée. Le sexe est donc un fait de nature, et non une construction sociale.

Le docteur Gérard Zwang, éminent sexologue, écrit à ce propos : “La condition humaine ne se vit qu’en tant qu’homme ou femme. Dès la seconde de la fécondation, les jeux sont faits. Certains se gargarisent de la bisexualité de chaque être humain. Une telle conception ne dépasse pas le niveau scientifique des conversations de salon (…). L’héritage sexuel somatique ne peut être refusé. Les attitudes hommasses de certaines femmes, efféminées de certains hommes ne peuvent rien changer à leur polarité génétique. Quant aux transsexuels qui se font mutiler les seins ou les génitoires, qui se font pousser des mamelles hormonales, ce sont de graves malades mentaux”[13].

Le professeur Bernard Debré écrivait sur son blogue en 2011, au sujet de la théorie du genre : “Que viennent faire (…) ces bavardages sur le genre, sur l’idée que l’homme et la femme ne seraient différents que par l’apport sociétal ? Ces philosophes de l’absurde, ces destructeurs du réel seraient risibles s’ils n’étaient pas si dangereux. (…) Vouloir aller contre le fait génétique et le fait phénotypique est extrêmement dangereux ! Etre femme totalement, être homme totalement, c’est ainsi que s’est construit le monde, c’est ainsi qu’il perdurera ! On envisage maintenant de modifier les programmes scolaires pour apprendre ces théories ubuesques à nos “charmantes têtes blondes” ! (…) L’éducation ne doit pas commencer par des mensonges. (…) Ces philosophes sont “débiles”, pourquoi écoute-t-on de telles inepties ? Ce qui me révolte, c’est qu’on ait pu faire passer ce message idiot et ravageur dans nos livres de classe. (…) Ne rendons pas psychopathe une génération parce que des philosophes stupides ou des idéologues dérangés veulent faire parler d’eux.”

Les divagations de Judith Butler et de ses maîtres à penser nous emmènent dans un monde fantasmatique qui n’a rien à voir avec la science. Homo sapiens appartient à une espèce sexuée, et les différences sociales entre les sexes sont évidemment ancrées dans les différences biologiques, ce qui ne veut pas dire qu’elles s’y réduisent. Yves Christen a étudié dans un beau livre les fondements biologiques des différences entre les deux sexes [14]. Dans un passage intitulé “le triomphe de la nature humaine sur la culture”, il y démontre, “du désert du Kalahari aux kibboutz israéliens”, que toutes les sociétés qui ont pris le parti de ne pas distinguer entre les sexes des enfants, ou qui ont entrepris par idéologie de nier les différences sexuelles, ne sont aucunement parvenues à faire disparaître celles-ci [15]. Il est exact qu’en France les parents ont tendance à donner plutôt des poupées aux filles et des soldats de plomb aux garçons, et que cet “étiquetage” doit jouer un rôle dans la formation de leurs dispositions respectives. Mais le poids des déterminations biologiques est incontestable. C’est ainsi que l’on a examiné le cas d’hommes victimes d’une maladie particulière : leur système hormonal ne leur permet pas de former les organes génitaux masculins à la naissance, et c’est seulement à la puberté qu’ils prennent l’apparence de garçons, après avoir été considérés auparavant comme des filles, et éduqués comme tels. Or, ils adoptent sans difficulté l’identité masculine, exactement comme si l’éducation féminine n’avait pas laissé de traces. Il ne faut donc pas exagérer l’influence de l’étiquetage.

Si le sexe est un fait de nature, et non une construction sociale, il n’en demeure pas moins que sur ce fait de nature sont édifiés des constructions sociales, car “l’homme est par nature un être de culture” (Arnold Gehlen). Il est inévitable, dans toute société, de diviser les individus en catégories, auxquelles on applique des règles différentes. C’est une conséquence de la limite de notre information sur les hommes qui nous entourent. Cela ne signifie pas que toute discrimination soit bonne, bien entendu, mais seulement que la société la plus égalitaire est obligée d’établir un minimum de distinction entre certaines catégories : le problème de la justice, dans la philosophie politique, se ramène à définir quelles sont les distinctions et les catégories légitimes. Bien que l’idéal démocratique contemporain pose que les individus des deux sexes ont en principe les mêmes droits et les mêmes devoirs au regard de l’Etat, cela n’implique pas que les parents aient tort de traiter différemment les garçons et les filles (ni, en sens inverse, qu’ils aient toujours raison de le faire). En la matière, il faut certes tenir compte des traditions, mais comprendre qu’elles sont profondément modifiées par des circonstances nouvelles. Si Butler avait reconnu la nature biologique des différences sexuelles, elle aurait pu examiner, par exemple, les conséquences sur le statut de la femme de la réduction parallèle de la mortalité et de la natalité. Dans une société archaïque, il fallait que les femmes eussent en moyenne dix enfants pour assurer le renouvellement des générations ; il leur était donc très difficile de mener une carrière comparable à celle des hommes. Aujourd’hui, délivrées en partie de la nécessité de procréer, pour le meilleur et pour le pire, elles peuvent s’émanciper et ne manquent pas de le faire. Ce genre de considération est absent de l’analyse de Judith Butler, si ce n’est a contrario, quand elle s’en prend à l’idéologie de la procréation…

Concluons, contre Simone de Beauvoir et Judith Butler, que l’on naît femme (verbe naître) et que l’on est femme (verbe être), dès la naissance et même dès la conception, et que l’on n’a donc pas à le devenir. La théorie du genre est une supercherie qui peut avoir des conséquences désastreuses dans l’éducation et dans la société. Cette théorie, au demeurant, ne peut pas être comprise isolément, sinon son succès serait inexplicable. Il ne vient pas seulement de la puissance des coteries homosexuelles, mais bien davantage encore du fait que la théorie en question est une expression parmi d’autres de l’utopie égalitaire, laquelle est la matrice des idées de gauche et inspire aujourd’hui le cosmopolitisme de la superclasse mondiale. Ce cosmopolitisme n’est pas seulement un mondialisme qui veut faire disparaître les frontières, c’est aussi un immoralisme qui veut détruire les traditions et les valeurs. Or, comme l’a montré Hayek, le système des règles de juste conduite qui constitue l’ordre social et donne son identité à une communauté nationale ancrée dans une civilisation est le fruit d’une longue évolution. Quand on veut en faire table rase au nom d’une idéologie révolutionnaire comme la théorie du genre, on aboutit nécessairement à des catastrophes.

 

Source : CdH.fr

 

[1] Traduction française 2005, 2006, éditions de La Découverte.

[2] C’est un adage du droit et, plus précisément, d’exégèse juridique : si un texte énonce une exception à une règle, il confirme par là l’existence de celle-ci.

[3] Pierre Debray-Ritzen, La Psychanalyse, cette imposture, Albin Michel, 1991. Voir aussi Henry de Lesquen et le Club de l’Horloge, La Politique du vivant, Albin Michel, 1979, pp. 194-198.

[4] Jacques Bénesteau, Mensonges freudiens, éditions Mardaga, Sprimont, Belgique, 2002.

[5] Sous la direction de Catherine Meyer, Le livre noir de la psychanalyse. Vivre, penser et aller mieux sans Freud, éditions des Arènes, 2005.

[6] Henry de Lesquen et le Club de l’Horloge, La politique du vivant, Albin Michel, 1979.

[7] Pierre Bourdieu, La Domination masculine, Seuil, coll. Liber, septembre 1998.

[8] La Domination masculine, op. cit., p. 41.

[9] La Domination masculine, op. cit., p. 8.

[10] Jean Védrines, « Pierre Bourdieu, l’école du ressentiment », Valeurs actuelles, 12 septembre 1998. M. Védrines y voit “l’ânerie monumentale qui brille au zénith du livre”.

[11] 7 octobre 1998.

[12] “Et il suffirait de suivre l’histoire de la “découverte” du clitoris telle que la rapporte Thomas Laqueur, en la prolongeant jusqu’à la théorie freudienne de la migration de la sexualité féminine du clitoris au vagin, pour achever de convaincre que, loin de jouer le rôle fondateur qu’on leur assigne parfois, les différences visibles entre les organes sexuels masculin et féminin sont une construction sociale qui trouve son principe dans les principes de division de la raison androcentrique, elle-même fondée dans la division des statuts sociaux assignés à l’homme et à la femme.” (La Domination masculine, op. cit., p. 21)

[13] Cité par Yves Christen, L’Egalité des sexes. L’un n’est pas l’autre, Le Rocher, 1987, pp. 43-4.

[14] Yves Christen, L’Egalité des sexes. L’un n’est pas l’autre, op. cit. (le titre choisi par l’éditeur ne correspond pas au contenu).

[15] Op. cit., pp. 77s. Il est regrettable qu’Yves Christen ait la faiblesse, p. 136, d’admettre plus ou moins la formule de Simone de Beauvoir (“On ne naît pas femme, on le devient”), sous prétexte que la différence biologique entre les deux sexes ne fixe pas le comportement de manière absolue.

10 points sur les inégalités de QI entre les races humaines

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10 points fondamentaux sur les inégalités de QI entre les races humaines

 

Sur la base des 10 catégories de recherche dont la liste est donnée ci-après, Arthur Jensen et J.P Rushton ont conclu que la différence moyenne de 15 points entre les QI des Noirs et des Blancs aux Etats-Unis est à 80 % environ d’origine héréditaire, et que la différence de 30 points entre Africains et non-Africains est héréditaire à environ 50 % (le reste étant en grande partie attribuable aux différences culturelles et nutritionnelles). Les données démontrent que :

 

1. Le QI moyen à travers le monde est de 106 pour les Asiatiques de l’est (Extrème-Orientaux), de 100 pour les Blancs, de 85 pour les Noirs américains, et de 70 pour les Africains noirs.

 

2. Les différences raciales sont maximales sur les sous-tests les plus pondérés en g (facteur général de capacité mentale, ou première composante principale » ; il mesure le « principe actif » dans les tests d’intelligence).

 

3. Les différences raciales sont les plus nettes sur les sous-tests de QI dont les résultats dépendent le plus de l’hérédité.

 

4. Les différences raciales de volume cérébral sont parallèles aux différences de QI.

 

5. Les métis ont en moyenne un QI intermédiaire entre ceux de leurs deux populations parentales.

 

6. Les études sur les adoptions trans-raciales montrent que les enfants noirs, métis et est-asiatiques élevés par des parents blancs ont un QI plus proche de la moyenne de ceux de leurs parents biologiques que de la moyenne chez les Blancs.

 

7. On observe chez la descendance et la fratrie des sujets une régression vers le QI moyen de leur race.

 

8. Les races sont systématiquement différentes, et dans le même ordre, sur 60 traits qui décrivent « l’histoire de vie ».

 

9. Les différences raciales de QI sont conformes aux dernières données sur l’origine de l’espèce humaine (le modèle « out of Africa »).
Je crois toutefois que la thèse polycentriste des anthropologues comme Wolpoff est la bonne.

 

10. Enfin, les explications par l’environnement des différences raciales de QI ont été testées et ont régulièrement fait la preuve de leur inadéquation.

 

 

Immigration de masse et baisse du QI moyen en Europe sont‑elles liées ?

(Bulletin de réinformation du vendredi 1er juillet 2016, de Radio courtoisie)

 

Le Monde a récemment relayé une étude menée, en 2015 par deux spécialistes des neurosciences, Edward Dutton et Richard Flynn,respectivement finlandais et britannique et publiée dans la revue Intelligence, dirigée par le psychologue américain Rich Haier. Alors que le QI moyen des Européens a été en hausse convexe pendant quasiment tout le XXe siècle, on a assisté dans les années 90 à une inversion de la courbe et, depuis une dizaine d’années, à une dégradation accélérée du QI moyen sur l’Europe entière.

 

Les deux chercheurs passent en revue un certain nombre de causes possibles

Ils évoquent ainsi le rôle des perturbateurs endocriniens présents dans l’alimentation, celui des drogues, douces ou dures, le déclin programmé de l’éducation (l’« effet Belkacem » avant la lettre…) ou encore la plus faible reproduction des personnes à QI supérieurs. Les deux chercheurs n’hésitent pas à pointer également l’arrivée massive de populations africaines sur le Vieux continent.

 

Leurs travaux confirment en cela une étude de 2013

Cette étude a été menée par un chercheur danois qui a épluché les tests du service militaire dans son pays, montrant que le QI moyen des non‑européens était de 86,3, contre 100 pour les Danois de souche. En France, entre 1990 et 2009, le QI moyen est passé de 102 à 98, soit une baisse de 4 points en vingt ans, ce qui, je cite Le Monde : « Est énorme ». Notons que le QI moyen poursuit sa croissance en Finlande, pays sans immigration de masse, et que les tests Pisa placent d’ailleurs en tête des pays de l’OCDE en matière de performance des systèmes éducatifs.

 

 

Affirmer aujourd’hui que les races existent c’est s’exposer aux foudres du cosmopolitiquement correct et à l’intolérance.

 

Le 14 octobre 2007, dans les colonnes du Sunday Times, James Watson, découvreur de la double hélice de l’ADN, exposa qu’il était « fondamentalement pessimiste quant à l’avenir de l’Afrique » parce que « toutes nos politiques d’aide sont fondées sur le fait que leur intelligence [celle des Africains] est la même que la nôtre [Occidentaux, ndlr] alors que tous les tests disent que ce n’est pas vraiment le cas ».

Pourtant l’existence ou la non-existence des races et l’éventualité ou non de différences substantielles entre elles ne relèvent pas du jugement de valeurs mais du jugement de faits. Or, dans la logique de la pensée européenne un jugement de fait peut être dit vrai ou faux s’il est possible de l’exposer et de le discuter librement. En histoire, en sociologie, en biologie, en médecine, il n’est pas de vérité révélée, il n’existe, d’un point de vue scientifique en tout cas, que des affirmations contestables et révisables.

Ainsi d’un point de vue scientifique il est possible d’affirmer que les races n’existent pas et/ou qu’il n’y a pas de différences entre elles mais à condition d’admettre que des arguments puissent être librement présentés pour défendre la thèse adverse.

C’est justement ce qu’ont fait J. Philippe Rushton et Arthur R. Jensen dans une étude intitulée : « La très dérangeante vérité de James Watson: réalisme racial et illusion moraliste ». Cet article est paru dans le numéro 71 de la très grande revue scientifique (Elsiever) Medical Hypotheses. Il n’est pas indifférent de noter que c’est une revue médicale qui a publié cet article iconoclaste : car, sauf à prendre le risque de ne pas adopter des traitements optimaux, les médecins sont souvent tenus de prendre en compte les origines raciales de leurs patients.

Un correspondant de Polémia a bien voulu traduire cet article. En voici l’Introduction, qui en reprend les principales conclusions. L’ensemble de l’article traduit est aussi disponible en PDF. (voir en fin d’article).

 

La très dérangeante vérité de James Watson: réalisme racial et illusion moraliste

(Introduction de l’article ; les intertitres sont de Polémia)

 

Lorsque l’un des plus grands biologistes du 20èm siecle, le prix Nobel James Watson, a déclaré que les sujets d’origine africaine ont de moins bons résultats aux tests d’intelligence que les Européens et les Asiatiques de l’est, il a été condamné par les médias et une part de l’élite scientifique et contraint à abandonner son poste de président du laboratoire de Cold Spring Harbor [9,34].

 

Un traitement indigne du point de vue scientifique

Le traitement infligé à Watson est d’autant plus énorme que, du point de vue des faits scientiques, plus d’un siècle et demi de preuves corroborent son affirmation. De plus, de nouvelles données et analyses viennent régulièrement appuyer ces résultats dans les grands journaux à comité de lecture des disciplines scientifiques concernées. Les données allant en sens contraire sont extrèmement pauvres. L’essentiel de l’opposition à l’hypothèse génétique se limite à des considérations moralistantes et, pire, à la création d’une atmosphère coercitive et menaçante incompatible avec la liberté universitaire, la liberté d’enquête et les libertés civiles d’une société véritablement démocratique. Il y a un écart énorme entre les tenants et gardiens du cosmopolitiquement correct et les véritables experts des sciences du comportement. Le cas de Watson n’est pas unique. Il n’est que le dernier d’une longue série d’universitaires qui ont été cloués au pilori et diffamés (détails dans l’article de Hunt [20]). Ce sont en particulier le prix Nobel William Shockley, Hans Eysenck, Linda Gottfredson, Richard Lynn, Richard Herrnstein, Charles Murray, Christopher Brand, Glayde Whitney, Helmuth Nyborg, et Tatu Vanhanen. Les auteurs du présent article ont eux aussi dû supporter leur lot d’attaques.

 

Le tabou de la race

Le tabou de la race deviendra certainement un sujet majeur de recherche pour les sociologues de la connaissance : il n’y a pas d’équivalent dans l’histoire de la science. Exemple sans équivalent, ce tabou est imposé, principalement par autocensure, par les membres de l’intelligentsia occidentale dans leurs propres universités, qui s’enorgueillissent pourtant d’une tradition de liberté de pensée, d’ouverture d’esprit et d’absence d’obstacles à la découverte, à la systématisation et à la poursuite de la connaissance et à sa dissémination dans le grand public. Malgré les inquiétants effets que nous venons de décrire, nous (et d’autres) avons persévéré notamment en raison de la grande importance de ce sujet, des données passionnantes qu’il apporte et des questions théoriques qu’il soulève [21]. L’un d’entre nous (JPR) est allé en Afrique du Sud pour recueillir de nouvelles données de QI chez des étudiants noirs hautement sélectionnés dans la prestigieuse université du Witwatersrand à Johannesburg. Ces données ont conduit à la publication de sept études et montrent que le QI médian de ces étudiants est de 84 (extrèmes 77-103). Si on suppose que, comme c’est le cas général pour les étudiants, ceux des universités africaines ont un QI supérieur d’un écart type (soit 15 points de QI) à la moyenne de leur population, un QI médian de 84 correspond à une moyenne (très basse) de 70 dans la population générale [48]. Beaucoup de gens considèrent l’hypothèse d’un lien entre race et QI comme extrèmement provocante, et il est donc essentiel d’examiner à fond toutes les données pertinentes. C’est ce que nous avons fait dans notre revue de 60 pages « Thirty Years of Research on Race Differences in Cognitive Ability » (Trente ans de recherche sur les différences raciales entre les capacités cognitives), qui a été publiée en article principal dans le numéro de juin 2005 de Psychology, Public Policy, and Law, un journal de l’American Psychological Association [51]. Dans le présent article, nous résumons et actualisons ces résultats (avec davantage de détails statistiques et de références).

 

La génétique explique de 50 à 80% des différences d’intelligence

Encore une fois, la grande majorité des données tend à montrer que la génétique contribue pour une part de 50 à 80 % aux différences entre groupes raciaux en ce qui concerne l’intelligence, la taille du cerveau et d’autres paramètres de « l’histoire de vie ». On trouvera chez Bartholomew [1] une bonne introduction aux questions évoquées.

 

Source : Polémia

Ce que la science nous dit des différences de QI entre les races : 

 

La très dérangeante vérité de James Watson: réalisme racial et illusion moraliste (traduit par Polémia)

QI des noirs, pauvreté, maladie, et climat.

 Différences de QI entre les noirs et les blancs dans le NLSY97 : L’éducation est-elle si importante ?

La différence de QI entre les noirs et les blancs, d’origine environnementale ?

– Les gènes de l’intelligence : L’héritabilité estimée par les recherches en génétique comportementale