Détruire la théorie du genre, par Henry de Lesquen

Comprendre et détruire la théorie du genre

Prix Lyssenko 2012 décerné à Luc Chatel, Eric Fassin et Judith Butler

Capture d’écran 2016-06-29 à 11.13.00

« Loin d’être aux lois d’un homme en esclave asservie,

Mariez-vous, ma sœur, à la philosophie,

Qui nous monte au-dessus de tout le genre humain,

Et donne à la raison l’empire souverain

Soumettant à ses lois la partie animale,

Dont l’appétit grossier aux bêtes nous ravale. »

Molière, Les femmes savantes, Acte I, scène I

 

 

La théorie du genre au programme

On ne naît pas femme : on le devient.” Cette phrase prononcée par Simone de Beauvoir dans Le deuxième sexe (1949) a des relents d’existentialisme : “L’existence précède l’essence”, comme disait son maître Jean-Paul Sartre ; l’être humain serait à l’origine parfaitement indéterminé et pourrait choisir d’être ceci ou cela en vertu des choix inconditionnés qu’il effectuerait librement ; mais elle peut être aussi interprétée d’un point de vue environnementaliste selon lequel nous serions entièrement déterminés par les circonstances du milieu et de la société, sans que l’hérédité ait la moindre importance dans la formation de notre identité. En tout cas, la phrase en question est d’une stupidité qui n’a d’égal que sa célébrité, car on est en réalité du sexe féminin, ou du sexe masculin, non seulement dès la naissance, comme les parents s’en aperçoivent juste après l’accouchement, mais neuf mois plus tôt, à l’instant fatidique de la conception, quand le spermatozoïde rencontre l’ovule qu’il féconde, selon qu’il lui apporte un chromosome X ou un chromosome Y. Si Simone de Beauvoir avait écrit : “Homme ou femme, peu importe !” ou quelque chose du même acabit, l’erreur aurait été moins grossière.

Aussi stupide soit-elle, cependant, la phrase de Simone de Beauvoir est la devise de la théorie du genre. Judith Butler, notre troisième lauréate, qui aurait pu être citée en premier si nous n’avions tenu compte que de l’influence ou de la contribution intellectuelle, la cite une demi-douzaine de fois dans Trouble dans le genre – Le féminisme et la subversion de l’identité (Gender Trouble : Feminism and the Subversion of identity), livre de 1990 qui a fait sa gloire dans les milieux féministes et qui demeure la bible des prétendues “études du genre”[1]. En outre, elle a visiblement inspiré le nouveau programme de “sciences de la vie et de la terre” (SVT) des classes de première que M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, a décidé d’introduire dans l’école de la république à la rentrée de septembre 2011, programme qui prescrit d’étudier le thème : “Devenir homme ou femme”. Il ne s’agit pas, pour le ministre de M. Sarkozy, d’“être” homme ou femme, mais de le “devenir”. Tout est là, dans cette distinction entre les deux verbes, être et devenir, qui établit un clivage entre la science et l’obscurantisme de la pseudo-science, du charlatanisme lyssenkiste, lequel correspond ici parfaitement au clivage idéologique gauche-droite. (Seuls les naïfs s’étonneront de trouver M. Chatel, ministre de M. Sarkozy, du côté de l’obscurantisme et de la gauche.)

La théorie du genre était à peu près inconnu du grand public français jusqu’à ce que le ministre Chatel en prescrive l’enseignement à nos malheureux enfants en septembre 2011. Dans la foulée, Mme Judith Butler a été reçue en grande pompe le 5 octobre 2011 à l’université de Bordeaux, qui l’a nommée docteur honoris causa. Quant au sociologue Eric Fassin, notre troisième lauréat, sa contribution à la théorie elle-même est mince, mais il a introduit la pensée de Judith Butler en France en préfaçant la traduction de son ouvrage fondateur, Trouble dans le genre ; militant acharné de la cause homosexuelle, du PACS, puis du mariage homosexuel, il est intervenu avec véhémence dans un article du Monde le 17 décembre 2011 pour dénoncer les timides tentatives de ceux qui se permettaient de critiquer les manuels établis sur la base du programme de M. Chatel, article dans lequel M. Fassin et ses cosignataires avaient l’impudence de se réclamer de la science !

Soulignons tout de suite la responsabilité pleine et entière du ministre de l’éducation nationale, donc du président de la république qui l’a nommé, dans cette entreprise de subversion que représente l’enseignement de l’absurde théorie du genre. L’Etat est une organisation hiérarchique et tout ce qui est décidé dans le ministère l’est au nom du ministre. Rien ne peut se faire sans son aval et il lui est loisible de rapporter à tout moment tout acte qui aurait été fait à son insu contre sa volonté. Il est pour le moins regrettable que la plupart des élus ou des responsables d’associations religieuses qui se sont mobilisés contre les manuels scolaires aient feint d’accepter la réponse de M. Chatel, prétendant qu’il n’était pour rien dans la rédaction des manuels. Or, après le titre, “Devenir homme ou femme”, on peut lire dans le programme cette description des “compétences attendues” des élèves :

Différencier, à partir de la confrontation de données biologiques et de représentations sociales, ce qui relève :

“- de l’identité sexuelle, des rôles en tant qu’individus sexués et de leurs stéréotypes dans la société, qui relèvent de l’espace social ;

“- de l’orientation sexuelle qui relève de l’intimité des personnes.

Le mot “genre” a été soigneusement évité, certes, mais la manière de traiter du sexe dans le programme est exactement celle de la théorie du genre, qu’on peut justement définir comme le “rôle en tant qu’individu sexué dans l’espace social”. S’il faut acquérir une “identité sexuelle” pour “devenir homme ou femme”, c’est bien que cette identité n’est pas donnée à la naissance. En fait, on ne devrait pas parler d’“identité sexuelle”, mais de l’aspect sexuel de l’identité individuelle, car l’identité est un tout. Héritière de la psychanalyse de Freud, bien que considérée comme une hérésie par les psychanalystes orthodoxes (comme le père Tony Anatrella, qui sévit dans les milieux catholiques), la théorie du genre ramène tout au sexe, et ce n’est pas le moindre de ces défauts.

Le terme d’“orientation sexuelle”, qui s’est hélas imposé dans le langage courant, en tout cas dans le “cosmopolitiquement correct”, est lui-même biaisé. La métaphore spatiale qu’il contient met sur le même plan les inclinations ou tendances sexuelles des individus, quelles qu’elles soient. Elle pose implicitement qu’il n’y a pas un comportement normal dont s’écarteraient des comportements déviants. Or, c’est une chose de dire que chacun est libre de son corps, que les choix intimes des individus ne regardent qu’eux, et qu’il faut être parfaitement tolérant en particulier à l’égard des homosexuels, qui ont le droit de “vivre leur vie”, c’est en une autre d’affirmer que le concept de normalité sexuelle manque de pertinence scientifique.

M. Luc Chatel a donc fait preuve d’hypocrisie quand il a répondu aux critiques, par la voix de son chef de cabinet : “La théorie du genre n’apparaît pas dans le texte des programmes de SVT.” Elle n’y est pas nommément, certes, mais elle y est bel et bien en fait.

Les auteurs des manuels ne s’y sont pas trompés. On lit dans celui édité par Hachette : “Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle, mais ce n’est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie (…) est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l’autre. Devenir un individu sexué fait partie intégrante de la construction identitaire.” Ou encore : “La société construit en nous, à notre naissance [il faut sans doute lire : à partir de notre naissance], une idée des caractéristiques de notre sexe. Ce qu’on appelle le genre, c’est cette construction sociale autour du sexe. (…) La construction sociale du genre est variable dans le temps et l’espace.”

Le manuel Bordas s’intéresse à “la transsexualité, ou la discordance entre identité sexuelle et sexe biologique”. Il n’y voit pas une maladie, mais une simple façon d’être, et évoque tout uniment “l’intervention chirurgicale, dite de réassignation sexuelle, (qui) existe depuis quelques décennies”. Au lieu de se dire, selon la formule classique, que l’exception confirme la règle [2], ou la norme, il laisse entendre qu’elle l’abolit. Quand il évoque la prétendue “orientation sexuelle”, le manuel ne parle pas, bien entendu, de comportement normal, mais d’hétérosexualité, par opposition à l’homosexualité, et nous propose une photo de la Gay Pride, manifestation dite de la fierté homosexuelle.

La décision du ministre Chatel de mettre la théorie du genre dans la matière “sciences de la vie et de la terre” est tout à fait vicieuse, car la théorie en question relève de la psychologie, de la sociologie ou de la philosophie, aucunement des “sciences dures”, et que, ce faisant, on l’inculque aux élèves comme une vérité couverte de l’autorité de la science, et non comme un sujet de débat. C’est là une entreprise de conditionnement des esprits.

 

Théorie « performative » du genre

La théorie du genre nous vient des Etats-Unis d’Amérique, avec Judith Butler, ce pourquoi certains voudraient absurdement le dire en anglais, “gender”, renonçant à traduire. Mais on pourrait dire plutôt qu’elle nous revient, car les élucubrations de Mme Butler se présentent comme une discussion d’une foule d’auteurs français. Outre Simone de Beauvoir pour son Deuxième sexe, ce sont principalement Luce Irigaray, Monique Wittig, Julia Kristeva, Michel Foucault, Jacques Lacan, mais aussi Pierre Bourdieu, Jacqques Derrida, Gilles Deleuze et Félix Guattari, Claude Lévi-Strauss. Quand elle parle de Karl Marx, de Sigmund Freud ou de Frédéric Nietzsche, c’est en général à travers l’interprétation qu’en donnent ses sources françaises. La théorie du genre est donc une expression de ce qu’on appelle dans les universités américaines la “théorie française” (French theory). Nous ne sommes pas sûrs de devoir en être fiers. Si l’on a encore quelque illusion sur la valeur scientifique de tous ces auteurs, on fera bien de lire le remarquable ouvrage d’Alan Sokal et Jean Bricmont, Impostures intellectuelles (Odile Jacob, 1997). On y verra comment ces auteurs français qui font autorité en Amérique alignent les pires insanités, le sommet du burlesque étant atteint par Jacques Lacan. Nous ne résistons pas à l’envie de reproduire ce passage inoubliable où il fait du phallus l’équivalent de racine carrée de -1 (cité p. 32) :

C’est ainsi que l’organe érectile vient à symboliser la place de la jouissance, non pas en tant que lui-même, ni même en tant qu’image, mais en tant que partie manquante à l’image désirée : c’est pourquoi il est égal au racine de -1 (…) de la jouissance qu’il restitue par le coefficient de son énoncé à la fonction de manque du signifiant : (-1).”

Comme Judith Butler tire de la psychanalyse, qu’elle réinterprète, une grande partie de sa théorie du genre, nous supposerons connu et admis, pour notre discussion, que la psychanalyse de Freud, de Lacan et consorts, est une fausse science, une imposture pseudo-scientifique. Comme l’a dit Hans Eysenck, “rien de ce qui est nouveau dans la psychanalyse n’est vrai, rien de ce qui est vrai dans la psychanalyse n’est nouveau”. Pour approfondir la question, nous vous renvoyons aux travaux du Club de l’Horloge, notamment au rapport du prix Lyssenko attribué à Elisabeth Roudinesco en 2003, et à l’abondante littérature consacrée à la réfutation des travaux de Freud et de ses épigones, en particulier les ouvrages de Pierre Debray-Ritzen, La psychanalyse, cette imposture [3], de Jacques Bénesteau, Mensonges freudiens [4], et un ouvrage collectif de 2005, Le livre noir de la psychanalyse [5]. Il est évident que l’édifice théorique de Mme Butler ne peut pas valoir davantage que ses fondations. Il est même probable qu’il vaut encore moins.

De tous les auteurs français exploités par Judith Butler, nous ferons une mention spéciale de Pierre Bourdieu, prix Lyssenko en 1998. Le préjugé environnementaliste de Bourdieu, que partage Butler, est à la fois anti-scientifique et anti-humaniste, comme nous l’avons montré dans La Politique du vivant [6], et le conduit à nier la nature humaine. Cette négation, qui apparaît déjà dans ses ouvrages sur l’école, devient une obsession dans La Domination masculine [7]. D’après lui, la différence des deux sexes est tout entière un produit de l’“arbitraire social”, et, pour reprendre la formule de Simone de Beauvoir, “on ne naît pas femme, on le devient”. Le mécanisme de reproduction des rapports de domination ne fonctionne bien que parce qu’il fait passer pour naturel ce qui est, en réalité, culturel et donc arbitraire. L’aliénation des femmes et, en général, des “dominés”, est fondée sur cette illusion du naturel. “Les dominés appliquent des catégories construites du point de vue des dominants aux relations de domination, les faisant ainsi apparaître comme naturelles.”[8]

La négation de la biologie est caricaturale quand Bourdieu étudie les différences sexuelles, dans La Domination masculine. Il veut à toute force faire accroire que les différences sociales entre les deux sexes n’ont strictement rien à voir avec la biologie, et il entend “démonter les processus qui sont responsables de la transformation de l’histoire en nature, de l’arbitraire culturel en naturel” [9]. Son délire environnementaliste l’amène aux pires absurdités. Il consacre de longues pages à ce qu’il appelle “la construction sociale des corps”, ce qui signifie que les données de la biologie sont secondaires. Et il aboutit à cette admirable formule, qui a été remarquée aussi bien par Valeurs actuelles [10] que par Le Canard Enchaîné [11], selon laquelle “les différences visibles entre les organes sexuels masculin et féminin sont une construction sociale” (la phrase complète fait onze lignes, mais nous avons extrait la pépite de sa gangue) [12]. Judith Butler ne cite pas ce passage de Bourdieu, mais d’autres de Monique Wittig qui sont du même acabit.

On saisit ici ce qui fait l’essentiel de la théorie du genre. Le mot “sexe” en français, comme son équivalent anglais (sex), désigne primo “la conformation particulière qui distingue l’homme de la femme”, du point de vue biologique, et, secundo, “la qualité d’homme ou de femme” et la “catégorie sociale qui regroupe les personnes de même sexe au sens biologique du mot”. On pourrait concevoir que, par convention, on parle de “genre” (en anglais, gender) pour cette second acception du mot sexe, le mot genre désignant, d’une part, une catégorie grammaticale (genre masculin ou féminin), d’autre part “tout groupe d’êtres ou d’objets présentant des caractères communs”. Mais cette convention n’est pas innocente ; elle a été mise au service d’une thèse scientifique contestable, puis d’un projet politique qui ne l’est pas moins. Elle a été adoptée en premier lieu par un psychologue américain, John Money, dans les années 1950. Il étudiait les transsexuels et avait cru pouvoir conclure que la différence homme-femme était due à l’éducation plus qu’à la biologie. Elle a été popularisée par le psychanalyste américain Robert Stoller dans les années 1960. Elle est ensuite devenue le thème central du mouvement des femmes homosexuelles aux Etats-Unis, avec Judith Butler, puis, sous l’influence des diverses coteries homosexuelles à travers le monde, elle s’est imposée comme la doctrine officielle de l’ONU et de l’UNESCO à la conférence sur les femmes qui s’est tenue en 1995 à Pékin. Il a fallu à la France attendre un président et un gouvernement de droite pour qu’elle s’y ralliât en 2011.

Judith Butler en a donné la version la plus radicale, sinon la plus accomplie. C’est la “théorie performative du genre” ou “théorie de la performativité du genre”. L’adjectif “performatif” (ou le substantif “performativité”) est un anglicisme (performative) tiré de la philosophie du langage de l’Anglais John Langshaw Austin (1911-1960). On devrait dire en bon français : “autoréalisateur”. Selon Austin, un énoncé est performatif ou autoréalisateur quand il se réalise en s’énonçant. Ainsi, quand on dit : “Je vous promets”, ou “je vous autorise”, la promesse ou l’autorisation étant constituée par le fait même de le dire.

Le performatif est aujourd’hui très en vogue dans la gauche intellectuelle, parce qu’il permet de soutenir, en extrapolant, que ce sont les mots qui font les choses, et non l’inverse, comme le pensait le sens commun. Appliqué au sexe, devenu genre, la théorie performative de Butler prétend expliquer pourquoi, selon Beauvoir, on devient homme ou femme. C’est parce que l’on est désigné comme garçon ou fille, homme ou femme, qu’on le devient. Ce n’est donc pas par hasard que l’on convoque une catégorie grammaticale, le genre, pour supplanter une catégorie biologique, le sexe. Ici, la linguistique devient une forme d’alchimie. La formule magique du genre a le pouvoir de nous faire homme ou femme.

Comment le langage produit-il lui-même le « sexecomme une construction fictive qui soutient (les) divers régimes de pouvoir ?”, demande Judith Butler (Trouble dans le genre, p. 54). “La construction de la catégorie “femme” comme sujet cohérent et stable n’est-elle pas (…) une régulation et une réification des rapports de genre ?” (p.66) “Lorsqu’on théorise le genre comme une construction qui n’a rien à voir avec le sexe, le genre devient lui-même un artefact affranchi du biologique, ce qui implique que homme et masculin pourraient tout aussi bien désigner un corps féminin qu’un corps masculin, et femme et féminin un corps masculin ou féminin.” (p. 68)

Butler nous donne encore sa définition personnelle, quelque peu absconse, du genre : contrairement à ce que l’on pourrait penser, “le genre n’est pas à la culture ce que le sexe est à la nature ; le genre, c’est aussi l’ensemble des moyens discursifs/culturels par quoi la “nature sexuée” ou un “sexe naturel” est produit et établi dans un domaine “prédiscursif”, qui précède la culture, telle une surface politiquement neutre sur laquelle intervient la nature après coup.” (p. 69) On nous fera crédit, espérons-nous, d’avoir entrepris d’extraire préalablement la pensée de Butler de sa gangue, pour lui donner un sens, car ce passage n’en a pas, à notre avis. Sokal et Bricmont écrivent à propos des auteurs dont s’inspirent Butler : “En particulier, nous voulons “déconstruire” la réputation qu’ont ces textes d’être difficiles parce que profonds. Dans bien des cas, nous pouvons démontrer que, s’ils semblent incompréhensibles, c’est pour la bonne raison qu’ils ne veulent rien dire.

Nous estimons que les élucubrations qu’alignent Judith Butler dans Trouble dans le genre et d’autres ouvrages, comme Le pouvoir des mots. Discours de haine et politique du performatif, sont à peu près toutes du même tonneau et, si elles ne sont pour ainsi dire jamais sensées, c’est que bien souvent elles n’ont tout simplement pas de sens.

Dans un souci d’objectivité, nous allons cependant reproduire un passage de Judith Butler, qui nous paraît donner un résumé en négatif de sa théorie du genre, en ce qu’elle se distingue des conceptions antérieures, et qui est en outre caractéristique de sa prose pédantesque, filandreuse et tarabiscotée (il y en a des centaines de pages de ce style) :

Le genre ne peut dénoter une unité de l’expérience du sexe, du genre et du désir, que lorsque le sexe est compris comme ce qui nécessite d’une certaine manière le genre et le désir – le genre étant ici une désignation psychique ou culturelle du soi, le désir étant hétérosexuel et se différenciant donc dans un rapport d’opposition à l’autre genre qui est son objet. La cohérence interne ou l’unité de chaque genre – homme ou femme – requiert ainsi une hétérosexualité qui soit un rapport stable et simultanément d’opposition. Cette hétérosexualité d’institution nécessite et produit l’univocité de chaque terme marqué par le genre qui limite le champ du possible au système d’oppositions dichotomiques du genre. Cette conception du genre, outre qu’elle présuppose un rapport causal entre le sexe, le genre et le désir, implique que le désir reflète ou traduit le genre, et que le genre reflète ou traduit le désir. On pense que l’on peut connaître l’unité métaphysique de ces trois termes et que cette unité se traduit en un désir distinctif pour le genre opposé – c’est-à-dire, dans une forme d’hétérosexualité oppositionnelle. Paradigme naturaliste qui établit un lien direct et causal entre le sexe, le genre et le désir, ou paradigme d’expression authentique où un vrai soi se révèle, simultanément ou successivement, dans le sexe, le genre et le désir, le “vieux rêve de symétrie”, pour reprendre les termes d’Irigaray, est ici présupposé, réifié et naturalisé.” (pp. 92-3)

Si Butler s’oppose au “paradigme naturaliste”, c’est parce que pour elle le genre, catégorie du langage à l’origine, a valeur performative. Comme pour Lacan, tout à ses yeux vient du langage et y ramène. Le sexe lui-même serait “produit sur un mode performatif” (p. 110) et donc, en réalité, dit-elle, “il n’est pas” (sic). Il ne reste plus que le genre, production du langage.

 

Réfutation de la théorie du genre

Il n’est pas nécessaire d’en dire davantage sur la théorie du genre en général ou sur la théorie performative du genre de Judith Butler pour se convaincre de son absurdité. Est-il nécessaire de la réfuter ? Ce n’est pas évident.

La théorie du genre est tout d’abord contraire au sens commun et à l’observation élémentaire, ce qui devrait suffire à l’écarter. Il arrive parfois que la science déjoue le sens commun, comme ce fut le cas avec la révolution copernicienne : le soleil n’est pas un lumignon posé dans le ciel, c’est un astre beaucoup plus gros que la terre et, bien que le mouvement soit relatif, il est plus simple de considérer que c’est la terre qui tourne autour du soleil plutôt que l’inverse. Mais Mme Butler et consorts (ou consoeurs) ne nous apporte aucun argument sérieux qui nous permette de conclure à l’inversion du sens commun quand il s’agit du sexe ou du genre.

La science nous permet plus souvent, au contraire, de mieux comprendre ce que nous pouvions déjà voir sans en discerner les causes. On peut appliquer à Judith Butler ce que nous disions d’Albert Jacquard, curieux généticien qui a inauguré le prix Lyssenko en 1990 et qui avait cette étonnante particularité de nier l’hérédité (alors que la génétique est la science de l’hérédité). Jacquard affirmait que l’homme aurait la capacité de s’“autoconstruire” et mettait en exergue de son livre Inventer l’homme cette phrase de Jean-Paul Sartre, tirée de L’Existentialisme est un humanisme : « L’homme, sans aucun appui et sans aucun secours, est condamné à chaque instant à inventer l’homme. » C’est le corps de doctrine dont découle le “On ne naît pas femme…” de Beauvoir et la théorie du genre de Butler. Comme celle-ci, Jacquard expliquait inlassablement que les opinions courantes n’avaient aucun fondement et que nous étions trompés par le témoignage de nos sens.

La mission de la science ne consiste pourtant pas le plus souvent à expliquer aux gens que les phénomènes observés par eux n’existent pas, elle est plutôt d’en découvrir les causes. Lorsque Newton voit tomber une pomme, il élabore la théorie de la gravitation. Imaginons Jacquard (ou Butler) dans la même situation : il soutiendrait que la pomme n’est pas tombée et se gausserait ensuite de la crédulité des gens qui voient tomber la pomme, avant de condamner sévèrement l’“idéologie de la gravitation”, puis de conclure que Newton est « un âne bâté » (comme Engels l’avait déjà estimé avant lui).

La différence des sexes est une évidence robuste. Il en faudrait un peu plus que les sornettes de Butler pour nous persuader qu’elle n’est qu’une construction sociale, quand elle repose à l’évidence sur un substrat biologique incontestable.

On pourrait cependant renoncer à réfuter Butler si l’on estimait que son discours était pour l’essentiel dépourvu de sens. L’objection s’applique à une grande partie de ses analyses, où elle jongle impunément avec des notions abstraites qu’elle ne définit pas, ou pas clairement, et qui ne paraissent pas avoir de prise sur la réalité. Il paraît donc inutile de discuter dans le détail une prose aussi fastidieuse que vaine, à moins de la sortir carrément du champ scientifique ; c’est là qu’elle prétend pourtant se situer, sans renoncer simultanément à la revendication militante, car elle ne cesse d’appeler à la “subversion” et de discuter de la valeur des positions théoriques des auteurs féministes par rapport à leur intérêt stratégique pour la cause du féminisme.

On peut quand même extraire des écrits de Judith Butler un résumé, positif cette fois-ci, de sa théorie du genre. Avec Michel Foucault, elle affirme que le sexe est “une unité fictive” (p. 197) et conteste “l’idée fausse selon laquelle le “sexe” serait à la fois univoque et causal”. Avec Monique Wittig, elle pense que “la catégorie du sexe et l’institution naturalisée de l’hétérosexualité sont des constructions, des fantasmes ou des “fétiches” socialement institués et régulés, des catégories non pas naturelles, mais politiques” (p. 245). Elle dit encore : “le sexe n’est pas la cause du genre, et le genre ne peut pas se comprendre comme le reflet ou l’expression du sexe” (p. 223). En effet, selon elle, le langage du genre, comme le langage en général, “jouit du pouvoir de créer ce qui est “socialement réel” à travers les actes locutoires des sujets parlants” (p. 228). Les actes, les gestes ou les paroles sont “performatifs”, en ce sens, dit-elle, que “l’essence ou l’identité qu’ils sont censés refléter sont des fabrications, élaborées et soutenues par des signes corporels et d’autres moyens discursifs” (p. 259).

Or, contrairement à ce que soutiennent Foucault et Butler, le sexe n’est nullement une unité fictive. L’homme (homo) est un être vivant. Il appartient à l’espèce homo sapiens, au genre homo, à la famille des hominidés, à l’ordre des primates, à la classe des mammifères, à l’embranchement des vertébrés, au règne animal, au monde vivant. Il partage 99 % de ses gènes avec le chimpanzé. Toutes les espèces vivantes ne sont pas sexuées, mais beaucoup le sont, tant chez les plantes que chez les animaux. Tous les mammifères sont des animaux sexués. La division sexuelle est apparue plusieurs fois dans l’évolution et a manifestement prospéré parce qu’elle donnait un avantage sélectif aux individus qui l’avaient adoptée. Le sexe est donc un fait de nature, et non une construction sociale.

Le docteur Gérard Zwang, éminent sexologue, écrit à ce propos : “La condition humaine ne se vit qu’en tant qu’homme ou femme. Dès la seconde de la fécondation, les jeux sont faits. Certains se gargarisent de la bisexualité de chaque être humain. Une telle conception ne dépasse pas le niveau scientifique des conversations de salon (…). L’héritage sexuel somatique ne peut être refusé. Les attitudes hommasses de certaines femmes, efféminées de certains hommes ne peuvent rien changer à leur polarité génétique. Quant aux transsexuels qui se font mutiler les seins ou les génitoires, qui se font pousser des mamelles hormonales, ce sont de graves malades mentaux”[13].

Le professeur Bernard Debré écrivait sur son blogue en 2011, au sujet de la théorie du genre : “Que viennent faire (…) ces bavardages sur le genre, sur l’idée que l’homme et la femme ne seraient différents que par l’apport sociétal ? Ces philosophes de l’absurde, ces destructeurs du réel seraient risibles s’ils n’étaient pas si dangereux. (…) Vouloir aller contre le fait génétique et le fait phénotypique est extrêmement dangereux ! Etre femme totalement, être homme totalement, c’est ainsi que s’est construit le monde, c’est ainsi qu’il perdurera ! On envisage maintenant de modifier les programmes scolaires pour apprendre ces théories ubuesques à nos “charmantes têtes blondes” ! (…) L’éducation ne doit pas commencer par des mensonges. (…) Ces philosophes sont “débiles”, pourquoi écoute-t-on de telles inepties ? Ce qui me révolte, c’est qu’on ait pu faire passer ce message idiot et ravageur dans nos livres de classe. (…) Ne rendons pas psychopathe une génération parce que des philosophes stupides ou des idéologues dérangés veulent faire parler d’eux.”

Les divagations de Judith Butler et de ses maîtres à penser nous emmènent dans un monde fantasmatique qui n’a rien à voir avec la science. Homo sapiens appartient à une espèce sexuée, et les différences sociales entre les sexes sont évidemment ancrées dans les différences biologiques, ce qui ne veut pas dire qu’elles s’y réduisent. Yves Christen a étudié dans un beau livre les fondements biologiques des différences entre les deux sexes [14]. Dans un passage intitulé “le triomphe de la nature humaine sur la culture”, il y démontre, “du désert du Kalahari aux kibboutz israéliens”, que toutes les sociétés qui ont pris le parti de ne pas distinguer entre les sexes des enfants, ou qui ont entrepris par idéologie de nier les différences sexuelles, ne sont aucunement parvenues à faire disparaître celles-ci [15]. Il est exact qu’en France les parents ont tendance à donner plutôt des poupées aux filles et des soldats de plomb aux garçons, et que cet “étiquetage” doit jouer un rôle dans la formation de leurs dispositions respectives. Mais le poids des déterminations biologiques est incontestable. C’est ainsi que l’on a examiné le cas d’hommes victimes d’une maladie particulière : leur système hormonal ne leur permet pas de former les organes génitaux masculins à la naissance, et c’est seulement à la puberté qu’ils prennent l’apparence de garçons, après avoir été considérés auparavant comme des filles, et éduqués comme tels. Or, ils adoptent sans difficulté l’identité masculine, exactement comme si l’éducation féminine n’avait pas laissé de traces. Il ne faut donc pas exagérer l’influence de l’étiquetage.

Si le sexe est un fait de nature, et non une construction sociale, il n’en demeure pas moins que sur ce fait de nature sont édifiés des constructions sociales, car “l’homme est par nature un être de culture” (Arnold Gehlen). Il est inévitable, dans toute société, de diviser les individus en catégories, auxquelles on applique des règles différentes. C’est une conséquence de la limite de notre information sur les hommes qui nous entourent. Cela ne signifie pas que toute discrimination soit bonne, bien entendu, mais seulement que la société la plus égalitaire est obligée d’établir un minimum de distinction entre certaines catégories : le problème de la justice, dans la philosophie politique, se ramène à définir quelles sont les distinctions et les catégories légitimes. Bien que l’idéal démocratique contemporain pose que les individus des deux sexes ont en principe les mêmes droits et les mêmes devoirs au regard de l’Etat, cela n’implique pas que les parents aient tort de traiter différemment les garçons et les filles (ni, en sens inverse, qu’ils aient toujours raison de le faire). En la matière, il faut certes tenir compte des traditions, mais comprendre qu’elles sont profondément modifiées par des circonstances nouvelles. Si Butler avait reconnu la nature biologique des différences sexuelles, elle aurait pu examiner, par exemple, les conséquences sur le statut de la femme de la réduction parallèle de la mortalité et de la natalité. Dans une société archaïque, il fallait que les femmes eussent en moyenne dix enfants pour assurer le renouvellement des générations ; il leur était donc très difficile de mener une carrière comparable à celle des hommes. Aujourd’hui, délivrées en partie de la nécessité de procréer, pour le meilleur et pour le pire, elles peuvent s’émanciper et ne manquent pas de le faire. Ce genre de considération est absent de l’analyse de Judith Butler, si ce n’est a contrario, quand elle s’en prend à l’idéologie de la procréation…

Concluons, contre Simone de Beauvoir et Judith Butler, que l’on naît femme (verbe naître) et que l’on est femme (verbe être), dès la naissance et même dès la conception, et que l’on n’a donc pas à le devenir. La théorie du genre est une supercherie qui peut avoir des conséquences désastreuses dans l’éducation et dans la société. Cette théorie, au demeurant, ne peut pas être comprise isolément, sinon son succès serait inexplicable. Il ne vient pas seulement de la puissance des coteries homosexuelles, mais bien davantage encore du fait que la théorie en question est une expression parmi d’autres de l’utopie égalitaire, laquelle est la matrice des idées de gauche et inspire aujourd’hui le cosmopolitisme de la superclasse mondiale. Ce cosmopolitisme n’est pas seulement un mondialisme qui veut faire disparaître les frontières, c’est aussi un immoralisme qui veut détruire les traditions et les valeurs. Or, comme l’a montré Hayek, le système des règles de juste conduite qui constitue l’ordre social et donne son identité à une communauté nationale ancrée dans une civilisation est le fruit d’une longue évolution. Quand on veut en faire table rase au nom d’une idéologie révolutionnaire comme la théorie du genre, on aboutit nécessairement à des catastrophes.

 

Source : CdH.fr

 

[1] Traduction française 2005, 2006, éditions de La Découverte.

[2] C’est un adage du droit et, plus précisément, d’exégèse juridique : si un texte énonce une exception à une règle, il confirme par là l’existence de celle-ci.

[3] Pierre Debray-Ritzen, La Psychanalyse, cette imposture, Albin Michel, 1991. Voir aussi Henry de Lesquen et le Club de l’Horloge, La Politique du vivant, Albin Michel, 1979, pp. 194-198.

[4] Jacques Bénesteau, Mensonges freudiens, éditions Mardaga, Sprimont, Belgique, 2002.

[5] Sous la direction de Catherine Meyer, Le livre noir de la psychanalyse. Vivre, penser et aller mieux sans Freud, éditions des Arènes, 2005.

[6] Henry de Lesquen et le Club de l’Horloge, La politique du vivant, Albin Michel, 1979.

[7] Pierre Bourdieu, La Domination masculine, Seuil, coll. Liber, septembre 1998.

[8] La Domination masculine, op. cit., p. 41.

[9] La Domination masculine, op. cit., p. 8.

[10] Jean Védrines, « Pierre Bourdieu, l’école du ressentiment », Valeurs actuelles, 12 septembre 1998. M. Védrines y voit “l’ânerie monumentale qui brille au zénith du livre”.

[11] 7 octobre 1998.

[12] “Et il suffirait de suivre l’histoire de la “découverte” du clitoris telle que la rapporte Thomas Laqueur, en la prolongeant jusqu’à la théorie freudienne de la migration de la sexualité féminine du clitoris au vagin, pour achever de convaincre que, loin de jouer le rôle fondateur qu’on leur assigne parfois, les différences visibles entre les organes sexuels masculin et féminin sont une construction sociale qui trouve son principe dans les principes de division de la raison androcentrique, elle-même fondée dans la division des statuts sociaux assignés à l’homme et à la femme.” (La Domination masculine, op. cit., p. 21)

[13] Cité par Yves Christen, L’Egalité des sexes. L’un n’est pas l’autre, Le Rocher, 1987, pp. 43-4.

[14] Yves Christen, L’Egalité des sexes. L’un n’est pas l’autre, op. cit. (le titre choisi par l’éditeur ne correspond pas au contenu).

[15] Op. cit., pp. 77s. Il est regrettable qu’Yves Christen ait la faiblesse, p. 136, d’admettre plus ou moins la formule de Simone de Beauvoir (“On ne naît pas femme, on le devient”), sous prétexte que la différence biologique entre les deux sexes ne fixe pas le comportement de manière absolue.

2 commentaires

  • Ce qui est très marrant avec vous, c’est qu’à chaque foi que vous parlez d’un sujet, vous en parlez comme si vous en étiez spécialiste, comme si vous l’aviez étudié de vous même. En l’occurence vous avez lu 3 bouquins, rassemblé le plus de critiques possibles pour tenter de déconstruire cette « théorie du genre ». Merci Einstein de nous rappeler que l’homme et la femme sont différents d’un point de vue biologique, parce que jusque là on avait pas remarqué. Mais quelles preuves irréfutables et scientifiques avez vous que cette différence biologique, se traduit forcément par un différence psychologique plus tard faisant que l’homme sera toujours masculin et viril, et la femme toujours féminine ? Il n’y a pas de vérité absolue en science, il n’y a que des théories. Quand vous parlez de la vocation de la science d’expliquer des phénomènes, de donner des causes à des observations, et bien justement vous donnez raison à ce que vous appelez la « théorie du genre » car seule cette théorie permet d’expliquer rationnellement l’orientation sexuelle, et l’identité sexuelle des individus. Il serait totalement non scientifique de dire que les transsexuels sont seulement des malades mentaux, et se targuer de considérer ça comme une cause valable. Là ou la « théorie du genre » donne une explication et une cause des toutes les sexualités possibles et inimaginables et de toutes les identité sexuelles, vous considérez cela comme des déviances ou une maladie, et vous vous trompez. En l’occurence cette théorie ne dit pas que l’on peut comme ça devenir qui on veut, non, elle dit simplement que ce n’est pas parce que l’on a un pénis que l’on doit forcément être masculin et agir comme un homme, et parce que l’on a un vagin, on est forcément féminin, et doit agir comme une femme. Elle dit simplement que même si tout la très grande majorité des personnes sont comme cela, ce n’est pas parce que l’on n’est pas comme tout le monde que l’on est malade et que l’on a un problème. En l’occurence, le « genre » n’est pas consciemment choisi, de même que l’orientation sexuelle qui n’est pas choisie du tout. Donc dire à des gosses que l’on peut être avoir un pénis mais être une femme, ça ne va rien leur changer, ils ne vont pas se mettre du jour au lendemain à se travestir. Cette « théorie du genre » étudiée en classe permet seulement d’éviter les discriminations, pour les hétérosexuels cis, ça va rien leur changer, ils seront toujours comme ça, mais pour les homos, les bis, et les trans, ça change tout, déjà ils n’auront plus à se dire qu’ils sont anormaux, ils ne ressentiront pas la honte d’être qui ils sont et ils pourront vivre leur vie heureux, sans jugement, ils seront compris aussi.

    Vous vous acharnez à essayer de mettre des différences bien distinctes entre les gens, mais nous ne sommes plus au XXème siècle et il serait temps de se réveiller et d’arrêter de rêver, on est en 2016, alors aujourd’hui les différences ont les effaces, parce qu’on a remarqué que les différences étaient toujours un motif à l’aversion, et parfois à la haine. Ce que vous faîtes ici est stupide, vous démontez une théorie indémontable, et vous fanfaronnez ensuite avec vos fausses conclusions. Vous vous nourrissez d’illusions, en croyant qu’un jour on pourrait revenir à une société des années 50. La vérité c’est que vous avez peur, peur du changement, peur d’être considéré comme tout le monde. Vous vous terrez derrière des idées arriérées et conformistes vous vous rassurez en postant ici vos idées stupides pour une France qui ne serait meilleure qu’à vos yeux, et non aux yeux de ses 68 millions d’habitants, en espérant que vos petits moutons vous suivent, soutiennent votre campagne stérile et commentent avec des petits message de soutiens non moins pitoyables. Franchement ça doit être dur de vivre comme vous dans un monde que l’on ne comprend pas. Bon courage pour ouvrir les yeux et redescendre sur Terre.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s